Ca fait trois semaines que je suis là, mais en temps réel ça doit faire six mois. Genre, j'ai fait tellement de trucs nouveaux/différents que j'ai l'impression d'avoir vécu des semaines ici.
Je suis rentrée hier de Washington. 3 tous petits jours, très remplis, beaucoup de souvenirs!
J'ai écrit un peu pour le blog pendant que j'étais là bas mais c'était sur le coup et j'étais soit exaspérée soit vénèr donc je vais ressortir l'essentiel de ces quelques pages.
Alors, d'abord la gare. Gare routière j'entends, j'ai testé les "megabus" concurrent récent du plus authentique bus Greyhound.
La gare routière était pleine de noirs. J'étais la seule blanche, avec un grand blond de danois, et on faisait tâche. Les bus c'est pour les pauvres, et les pauvres ici, ils sont tous, ou presque tous noirs. J'ai compris pourquoi le couple de Caroliniens de l'avion m'avait mise en garde sur la sécurité dans les bus. Mélange malsain d'ignorance et de mauvaise TV = peur. Comme j'en étais sûre, tout s'est très bien passé, et même avec nos gueules d'européens pleins de fric, l'avertissement des vieux de l'avion s'est avéré vain.
J'étais très contente de sortir un peu, le temps de quelques jours, du campus aseptisé et propret de UNC. Voir autre chose me rappelle aussi que les Etats Unis sont le pays ou le mot contradiction prend tout son sens. En écrivant ça, je me rends compte que c'est dur d'aborder ce thème sans tomber dans du sentimentalisme minable ou des analyses sociologico-foireuses.
Washington c'est définitivement la ville de la mémoire. Il y a des mémorials partout. Guerre du Vietnam, guerre de Corée, Première et Seconde Guerres mondiales, ségrégation des noirs. Les américains s'excusent pour tout et dressent des monuments grandiloquent partout. Ca ne m'a pas du tout plu. J'ai trouvé ça mal fait, too much, déplacé parfois aussi.
Particulièrement le cimetière d'Arlington, où sont plantés des milliers de pierres tombales en souvenir des soldats morts au combat.
Là-bas, il y a un mec qui fait toute la journée une démonstration d'armes en faisant les cents pas sur un tapis rouge. C'est une espèce de célébration de la rigueur militaire et de son application. Ca balance entre le ridicule et l'affligeant en passant par le consternant. Pas touchant du tout, impersonnel et froid : voilà comment était Arlington.
Autour du mall central (immense étendue d'herbe), des dizaines de petits musées. On en a fait quelques uns, j'ai particulièrement aimé le musée d'art moderne et le "Newseum". Derrière ce jeu de mots douteux, un temple dédié au journalisme, sous toutes ses formes. J'y ai vu les plus belles et touchantes photos qui soient.
Aux premiers abords, Washington est une ville assez froide. Pas grand monde dans les rues, du moins autour du mall. La grandiloquence américaine y est très présente. Au capitole, j'ai eu droit à un film de propagande fascinant qui vantait les mérites des Etats Unis en tant que nation. Il m'a appris que les citoyens américains ne font qu'un. Nation, nation, l'unité de la nation américaine glorifiée à tous les coins de rue. Exaspérant bullshit.
On a passé une soirée dans le coin de Georgestown, et c'était animé, dynamique et très jeune. Quartier multiple où les restos vietnamien côtoient les bistrots français (qui épelent bistro sans t).
C'était tellement bien d'être dans une grande ville. Oui, après à peine trois semaines de vie à Chapel Hill et malgré l'amour que je porte déjà à la J-School, je me sens un peu à l'étroit dans cette non-ville.
Ah oui, la batterie de mon appareil photo est morte le premier jour et j'avais pas mon chargeur.
le capitole
Scandinavia!
fausse obélisque
Ce premier mini voyage me donne envie d'en faire des milliards d'autres, pour voir comment c'est dans la vraie vie les Etats Unis.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire