jeudi 29 septembre 2011

Cet article n'a pas d'image mais c'est une cool histoire!

Je me suis bien faite à mon appartement et après avoir pendu ma crémaillère hier soir, je passe ENFIN une soirée posée chez moi après plus d’un mois d’excitation permanente.

Ce matin (j’ai l’impression que c’était la semaine dernière), mon prof nous annonce la super nouvelle que notre premier gros projet de montage d’interview est à rendre mardi. Il faut trouver des gens, une histoire, un moment. Quelque chose d’intéressant qui mérite qu’on en parle.

Pour nous entrainer au montage, on avait déjà du faire ça pour ce matin. J’avais eu beaucoup de chance sur ce coup là. Je savais pas trop quoi faire donc je suis allée marcher dans Carrboro et pour me détendre, j’ai fait les fripes.

Dans l’une d’elle, un espèce d’Emmaüs pour aider la réinsertion sociale, un homme d’une cinquantaine d’années commence à me parler de lui quand je lui dit que je suis européenne. Je sors mon micro et c’est parti. Il, Bixente, me raconte comment son identité est conditionnée par le fait qu’il soit mi-natif américain (indien), mi-hispanique mais malgré tout citoyen américain.

Il éclaire beaucoup de points sur la question des minorités aux Etats-Unis, mais de l’intérieur.
Tout ça nourrit la réflexion qui me travaille depuis quelques années, la question des minorités en France et notamment de la minorité arabe se retrouve dans la question de la minorité hispanique ici.

Il me raconte aussi comment il a décidé de quitter Los Angeles parce qu’il ne se sentait pas en sécurité, et qu’il voulait s’éloigner de toute la corruption qui y règne. Comme toutes les villes des Etats-Unis (du monde ?), mais peut être particulièrement dans celle-ci, il y a deux mondes présents qui s’ignorent totalement tout en vivant côtes à côtes.

Bixente me dit enfin qu’ici c’est surement l’endroit où les rêves se réalisent… sans savoir qu’il participe à l’un des miens.

Sans vouloir verser dans le sentimentalo-larmoyant, pour moi faire du journalisme, outre informer, c’est profondément rencontrer des gens, révéler en quoi leur histoire est singulière et intéressante. Parce que tout le monde, absolument tout le monde a une histoire singulière et intéressante.

Bref, j’ai eu de la chance de le rencontrer.

Aujourd’hui, j’étais sérieusement contrariée, car je savais que je ne serai pas dispo ce week end pour chercher une histoire, un moment, et je balisais.

Alors, j’ai décidé de retourner à Carrboro, me disant que j’aurai peut être de la chance, encore, qui sait.

C’est tellement prévisible, mais oui, j’ai encore eu de la chance.

Je marchais paisiblement perdue dans mes pensées, j’arrive au passage piéton et j’appui sur le bouton (oui ici ça devient pas vert si t’appuies pas sur le bouton) pour passer.

Devant moi, une femme en fauteuil roulant. Elle me remercie, et engage la discussion. Elle se présente, me demande ce que je fais dans le coin.

Alors je lui raconte, simplement, je cherche une histoire.

Elle me dit que je peux choisir son histoire ! Ellen, c’est une femme handicapée moteur, d’un handicap qui affecte aussi son élocution et ses gestes du haut du corps, d’une cinquantaine d’années, avec un énorme bac derrière son fauteuil roulant.

Elle est passée par des périodes difficiles mais maintenant et depuis quelques années, elle dirige son propre business en tant qu’avocate spécialisée dans les droits des handicapés. Elle m’emmène exactement où je veux aller pour trouver une histoire intéressante : le siège d’une association d’abris pour SDF. Elle connait tout le monde, me présente comme son amie journaliste, enfin bref, du gros délire, du bonheur, des étoiles dans les yeux blablabla.

Elle me fait rencontrer la manager et je fais mon interview.

Ensuite, c’est Ellen que j’interview, parce qu’elle est quand même beaucoup plus intéressante. Elle me raconte comment le centre l’a aidée à rencontrer du monde pour monter sa boite, mais surtout a été une oreille attentive à ses problèmes. Elle me dit que ça a changé sa vie. Et c’est sans doute vrai. Elle a écrit deux livres, elle est très active et reconnue en Caroline du Nord et elle me dit qu’elle est sans doute la femme la plus puissante de Carrboro. Ca me fait rire mais je la crois.

Voilà, c’est exactement pour ça que je veux faire du journalisme, c’est exactement pour ça que je marche sans but tous les week ends dans Carrboro, c’est exactement pour ça que je suis venue ici.

C’est peut-être pas vraiment des « news », et pas vraiment informatif, mais c’est définitivement un moment et une histoire.

C’est aussi pour ce genre de rencontres et d’imprévus que je ne reste pas dans mon coin, comme j’en ai parfois un peu l’habitude. Et c’est évidemment aussi pour ça que malgré tous leurs travers, j’adore les Etats-Unis.

Bon et sinon, demain je pars dans une cabane à la montagne, il va enfin faire moins de 30°C, le tout avec un allemand, deux danois, une suédoise, deux américains, un anglais, une néo-zélandaise, un australien, une tchèque et une française !

Bisou !

mardi 27 septembre 2011

Show me how to dance



Aujourd’hui c’est lundi, et la semaine qui vient de s’ecouler a ete folle folle!

J’ai oublié d’aller en cours lundi matin, je me suis enfermée en dehors de ma chambre mercredi et j’ai déménagé vendredi aprem. Oui j’ai déménagé, après avoir passé une nuit d’angoisse a ne pas pouvoir dormir du fait des ronflements de ma coloc, avoir essayé de dormir dans la lounge room ou le canap est trop petit même pour moi et ou la lumiere ne s’éteint pas, j’ai pris la decision de bouger de ce dorm bruyant et impersonnel (oui, je suis une princesse), et pour une centaine d’euros de plus par semestre, je me permet le luxe d’avoir un vrai appartement, dans une maisonnée entourée par les arbres et la végétation (et les animaux sauvages - j'ai vu un lézard ce matin même). C’est grand, il n’y a pas de coloc dedans pour l’instant, j’ai une cuisine et ma propre salle bain. A part l’odeur ignoble de mon matelas et les cafards morts qui squattent le hall, tout est coolos. 

Sans transition, voila les deux photos que j'ai présenté pour ma première note en photojournalisme, sur le thème de la composition. Pas du gue-din mais des moments sympas.










Cliquez sur les images pour plus grand et meilleure qualité !

samedi 17 septembre 2011

into the wild

Samedi – 22h18

On aurait pu croire que ce serait la big teuf là ce soir mais on a opté pour une soirée méga posée à l’Union.
L’Union c’est un peu l’endroit lounge pour les étudiants, on peut prendre un bagel et un café en lisant sur les canapés, ou bosser au sous sol. C’est plutôt coolos.

Je lis la presse américaine depuis deux heures. Ils ont une façon super étrange d’envisager l’information. Alors déjà, ils citent les noms partout. Genre, dans notre journal, le DTH, ils donnent les noms des élèves accusés de « sexual assault », et apparemment y’en a beaucoup. Je crois qu’ici sexual assault ça peut aussi bien être un viol aggravée qu’une main légèrement baladeuse dans le bus.

Les médias, surtout les plus locaux, sont pleins d’histoire de morts, de peine de mort. De quoi attirer le larron à lire son papier. Dérangeant. La peine de mort, c’est tout à fait normal, c’est accepté, ça a pas l’air de perturber grand monde. Nous les européens, ça nous choque tellement. Cultural choc dudes.

Le choc culturel entre la France et les Etats-Unis, il est plus intense que l’on pourrait le croire. Non, c’est deux mondes à part, totalement différents l’un de l’autre, et qui s’ignorent un peu.

Malgré le fait que je sois dans le sud, je suis dans une zone plutôt progressiste et libérale. Même si mon Etat vient de voter un amendement interdisant le mariage homosexuel.

Ca fait un mois que je suis là et la routine s’installe peu à peu. Pas une routine chiante, ni particulièrement excitante, mais une routine différente. Une routine qui fait que je suis stimulée constamment par des dizaines de choses qui me changent de mon environnement habituel et qui fait que j’ai l’impression de vivre une parenthèse dans ma vie normale.

Aujourd’hui on est allés au marché et on a de nouveau cuisiné chez Torrey (enfin quand je dis on, c’est absolument pas moi vu que je suis cuisine très mal). Après je devais prendre quelques photos pour mon cours, et aussi pour le plaisir alors je me suis baladée dans Carrboro. Evidemment, je me suis perdue –dans la forêt. Ce qui n’est pas la meilleure chose qu’il puisse m’arriver dans un pays encore étranger. J’ai bien cru que j’allais devoir refaire le coup que je réserve habituellement à Tomas à mon pote Simon : « Salut, je suis perdue tu peux regarder sur internet où je suis stp » mais j’en ai pas eu besoin. J’ai un peu flippé mais en vrai j’ai vite retrouvé ma route et l’environnement était serein et rassurant. Ca me fait super bizarre de ne pas vivre en ville. De marcher 10 minutes pour me retrouver dans les bois, où on entend que le bruit des écureuils dans les arbres et des branches sous nos pas. C’est agréable.

Quelques photos résultants de mes tentatives d’apprivoiser mon appareil. Plus dur qu’on le croit !

J'aime beaucoup cette photo. C'est pour l'exercice de profondeur en photo. La blonde au milieu, c'est ma pote de photojournalisme Erica, qui est contre tout et tout le monde. C'est la moins américaine de mes potes américaines. 





Le fameux farmers market du samedi matin à Carrboro



After the game : exercice de profondeur

Update d’1h25 : on est quand même allés s’enfiler quelques verres dans un bar.  


dimanche 11 septembre 2011

Don't be shy

Le retour de Washington a été un peu rude.

J’étais plus ou moins à la masse dans mon cours le plus prenant, et je comprends toujours rien au logiciel de graphic design.

Mais j’ai passé une excellente semaine. Je voulais parler plus en détails des cours, mais ce sera pour un autre jour. Je voulais aussi parler de la « mode » au sens fringues ici à CH, mais ça aussi ce sera pour une autre fois.

Aujourd’hui, je vais juste raconter ma vie.

Cette semaine, on a eu une tornade (mardi je crois). J’étais en cours quand l’alerte a été donnée, et comme le labo de photo est au sous-sol on n’a rien entendu. Il est tombé des trombes d’eau mardi soir, j’avais jamais vu ça. Depuis ce jour, la vie à Chapel Hill est beaucoup moins humide, pour mon plus grand bonheur. La fin de l’humidité ne signifie pas fin de l’hostilité des êtres vivants dans ce climat. Mon mollet gauche a les proportions de la cuisse droite de Carlos depuis hier parce que je me suis fait piquée par un insecte, je sais pas trop lequel, à peu près 15 fois sur 5 cm² de peau.

Fini les « little talk » sur la pluie et le beau temps, passons aux choses sérieuses. J’ai été acceptée dans le journal de l’université « The Daily Tar Heel », un quotidien papier avec une sacrée réputation dans la région. Bon, d’après ce que j’ai compris, ils prennent plus ou moins tout le monde. Comme j’hésitais encore entre ça et le bureau des arts local, j’ai décidé d’écrire pour la section Arts du journal. Du haut de mon arrogance de semi-parisienne en villégiature dans le sud-est puritain des Etats-Unis, je pensais un peu que les pages Arts du DTH se limiteraient à relater le difficile vivotement des quelques galeries que partagent Chapel Hill et Carrboro. Je me suis fourvoyée. La région a une vie artistique très dynamique.

Par un hasard fortuit, je me suis retrouvée vendredi soir au vernissage d’une exposition au musée de mon campus. Elle était vraiment très diverse autant dans les origines des œuvres que leur époque. Ils avaient plusieurs Picasso, Monet, Rousseau ou Gauguin. Tout ça pour dire que Chapel Hill est vraiment une ville singulière. Minuscule au milieu de l’immensité américaine, elle se distingue par son dynamisme culturel et mœurs ultralibérales. Parenthèse agence de voyage terminée.

Après l’expo classo-bobo au musée, on a mangé libanais avant d’aller écouter de la musique live dans un bar en plein air dans lequel je suis entrée par un malicieux tour de passe-passe que je ne dévoilerai pas ici, mais qui marche à tous les coups, ou presque.

Sinon, je voulais aussi vous faire partager le savoir de mon pote germain Richard, et de ses règles. « Don’t be shy, don’t judge, don’t think anything is ridiculous ». Comme tout le monde est parti en 3A maintenant (du moins pour les Etats-Unis), mêmes ces retardataires de Californiens, je vous invite à les appliquer. On aura souvent tendance à juger la conduite de ces fous d’américains, à penser qu’ils ont un sérieux problème et qu’ils devraient sans doute ouvrir les yeux sur beaucoup de choses. Je le pense un peu mais j’essaye aussi de voir en eux ce qu’on trouve rarement chez les européens et de comprendre le pourquoi du comment. Même pour moi, le « don’t be shy » est sans aucun doute la plus facile de ces règles.

En vrac : j’ai remasterisé une affiche d’Harry Potter en tant que premier travail de graphisme, j’ai reservé un aller-retour pour Boston pour fin octobre, j’ai commencé à lire « Eating animals » tout en entamant ma 4ème semaine de végétarianisme, et j’ai découvert ce magnifique reportage photo/video de l’asso de photojournalisme d’UNC  http://www.reframingmexico.org/en/, allez le voir, c’est intéressant, c'est bien fait, c'est beau.


mardi 6 septembre 2011

one nation, one voice

Ca fait trois semaines que je suis là, mais en temps réel ça doit faire six mois. Genre, j'ai fait tellement de trucs nouveaux/différents que j'ai l'impression d'avoir vécu des semaines ici.

Je suis rentrée hier de Washington. 3 tous petits jours, très remplis, beaucoup de souvenirs! 
J'ai écrit un peu pour le blog pendant que j'étais là bas mais c'était sur le coup et j'étais soit exaspérée soit vénèr donc je vais ressortir l'essentiel de ces quelques pages. 
Alors, d'abord la gare. Gare routière j'entends, j'ai testé les "megabus" concurrent récent du plus authentique bus Greyhound. 

La gare routière était pleine de noirs. J'étais la seule blanche, avec un grand blond de danois, et on faisait tâche. Les bus c'est pour les pauvres, et les pauvres ici, ils sont tous, ou presque tous noirs. J'ai compris pourquoi le couple de Caroliniens de l'avion m'avait mise en garde sur la sécurité dans les bus. Mélange malsain d'ignorance et de mauvaise TV = peur. Comme j'en étais sûre, tout s'est très bien passé, et même avec nos gueules d'européens pleins de fric, l'avertissement des vieux de l'avion s'est avéré vain. 
J'étais très contente de sortir un peu, le temps de quelques jours, du campus aseptisé et propret de UNC. Voir autre chose me rappelle aussi que les Etats Unis sont le pays ou le mot contradiction prend tout son sens. En écrivant ça, je me rends compte que c'est dur d'aborder ce thème sans tomber dans du sentimentalisme minable ou des analyses sociologico-foireuses. 

Washington c'est définitivement la ville de la mémoire. Il y a des mémorials partout. Guerre du Vietnam, guerre de Corée, Première et Seconde Guerres mondiales, ségrégation des noirs. Les américains s'excusent pour tout et dressent des monuments grandiloquent partout. Ca ne m'a pas du tout plu. J'ai trouvé ça mal fait, too much, déplacé parfois aussi. 
Particulièrement le cimetière d'Arlington, où sont plantés des milliers de pierres tombales en souvenir des soldats morts au combat. 
Là-bas, il y a un mec qui fait toute la journée une démonstration d'armes en faisant les cents pas sur un tapis rouge. C'est une espèce de célébration de la rigueur militaire et de son application. Ca balance entre le ridicule et l'affligeant en passant par le consternant. Pas touchant du tout, impersonnel et froid : voilà comment était Arlington. 

Autour du mall central (immense étendue d'herbe), des dizaines de petits musées. On en a fait quelques uns, j'ai particulièrement aimé le musée d'art moderne et le "Newseum". Derrière ce jeu de mots douteux, un temple dédié au journalisme, sous toutes ses formes. J'y ai vu les plus belles et touchantes photos qui soient. 

Aux premiers abords, Washington est une ville assez froide. Pas grand monde dans les rues, du moins autour du mall. La grandiloquence américaine y est très présente. Au capitole, j'ai eu droit à un film de propagande fascinant qui vantait les mérites des Etats Unis en tant que nation. Il m'a appris que les citoyens américains ne font qu'un. Nation, nation, l'unité de la nation américaine glorifiée à tous les coins de rue. Exaspérant bullshit. 

On a passé une soirée dans le coin de Georgestown, et c'était animé, dynamique et très jeune. Quartier multiple où les restos vietnamien côtoient les bistrots français (qui épelent bistro sans t).

C'était tellement bien d'être dans une grande ville. Oui, après à peine trois semaines de vie à Chapel Hill et malgré l'amour que je porte déjà à la J-School, je me sens un peu à l'étroit dans cette non-ville. 

Ah oui, la batterie de mon appareil photo est morte le premier jour et j'avais pas mon chargeur. 


 le capitole


 Scandinavia!


fausse obélisque 




Ce premier mini voyage me donne envie d'en faire des milliards d'autres, pour voir comment c'est dans la vraie vie les Etats Unis. 

jeudi 1 septembre 2011

Less impact woman

Demain je vais à Washington !

C’était vraiment un plan de dernière minute mais je suis super contente. On voyagera en bus ce qui est très économique (moins cher qu’eurolines en France). Je crois que peu de gens prennent le bus pour se déplacer ici, ou même le train. J’avais rencontré un couple de vieux dans l’avion, vivant en Caroline, qui m’avaient expliquée que les américains se déplacent essentiellement en voiture ou en avion pour les longues distances et que les réseaux ferroviaires étaient peu développés. Ils avaient aussi précisé que ça craint dans ce genre de transport, mais j’y crois pas une seconde. Les américains sont des peureux. Il faudra vraiment que j’aborde ce point très bientôt, parce que c’est vraiment fou.

Je suis contente aussi, parce que là tout le monde part en 3A (ou dans peu de temps) et c’est coolos de lire les aventures de chacun.

J’ai dit dans le précédent article que je parlerai d’un livre. Je pense que ce blog ne va pas seulement consister en des récits de ma vie américaine, mais je pensais aussi aborder plein d’autres choses en fonction du temps et de l’envie.

Juste avant de partir pour Chapel Hill, j’ai lu No Impact Man. Il a été publié il y a un petit moment, un ou deux ans je crois, et a fait beaucoup de bruit aux Etats-Unis. Il avait aussi fait un peu de remous en Europe mais plus discrètement.



No Impact Man c’est un homme, un historien/écrivain new-yorkais, vivant à Manhattan, qui pendant un an décide de réduire son impact carbone à zéro. Zéro total, ou du moins dans la mesure du réalisable, et elle est assez large pour lui. Avant de se plonger dans cette aventure, Colin Beavan était un hippie-bobo comme les autres, qui triait ses ordures deux fois par semaine, allait bosser en métro ou faisait ses courses dans n’importe quel magasin bio de proximité. Son projet s’est fait en trois étapes : cesser de produire des déchets, réduire son impact carbone à zéro, adopter une alimentation durable. Là, comme ça, j’avoue, ça ne dit pas grand-chose. Pendant un an, Colin a cessé de produire des déchets ménagers (plus de mouchoirs en papier mais un bon vieux mouchoir en tissu, plus de couches en plastique pour sa fille mais des couches réutilisables, plus de papier toilette). Alors évidemment, c’est un écrivain, il a fait à mon sens fait un véritable travail d’investigation, son comportement est donc extrême. Il a ensuite cesser de produire du CO2 ou d’utiliser tout appareil qui dépenserait de l’énergie non durable. Il s’est offert un vélo, a monté les 9 étages le menant à son appartement, et à terme, a entièrement coupé l’électricité chez lui. Enfin, à force de recherches et de tentatives, il a adopté une alimentation durable, chérissant les producteurs locaux (même à NY, il y en a) et produisant lui-même quelques denrées.

Son récit est édifiant. Il ne donne aucune leçon. Il constate et informe. Il pèse le pour et le contre des retombées de son expérience. Les lobbys écologistes l’ont porté aux nues mais il a gardé les pieds sur terre. Evidemment, il a vécu son aventure comme une réelle expérience, au sens ou ça n’a jamais été vraiment naturel pour lui de faire tout ce qu’il a fait, du moins au début. Ca l’est devenu petit à petit.

Comme expérience je trouve ça passionnant et fascinant, le livre se lit très vite. Au quotidien, c’est une autre histoire. Je ne prétends pas que nous devrions tous nous conduire de cette façon, parce que non, nous ne devrions pas. Mais cet homme m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Pourquoi se sent-on aussi peu concernés par ce qu’on afflige à notre planète ? Je n’ai aucune réponse à cette question, mais j’aimerai bien.

Quand je dis peu concernés, j’admets bien sûr que beaucoup d’entre nous trient surement une partie de leurs déchets et utilisent le métro. Mais au fond, je pense maintenant que nous pouvons tous essayer de passer à la vitesse supérieure sans trop changer nos habitudes de façon perturbante. Moi non plus, je ne donne aucune leçon. Je suis ravie qu’un livre m’ait apporté tellement de réflexions sur un sujet auquel, je l’avoue, je n’accordais aucune importance.

En plus du travail d’investigation, Colin a également effectué un vrai travail journalistique d’argumentation de son propos. A l’appui de chiffres, il avance les thèses des différents acteurs et bien sûr, donne son avis.
Je vous conseille à tous ce livre révélateur, parlant sur les sociétés « occidentales », intéressant et très prenant.

Depuis que je l’ai lu j’utilise un mouchoir en tissu, j’ai acheté une gourde et j’essaye d’acheter local. J’essaye de faire un peu plus dès que possible sans tomber dans l’abus.

UNC est une fac assez respectueuse de l’environnement. Je pense qu’elle a beaucoup de choses à envier à Berkeley (Nico ?) mais elle est déjà vraiment pas mal. Dans chaque chambre de chaque dorm une poubelle de recyclage est mise à disposition des occupants, sur le campus nous avons également des poubelles de tri des déchets, la nourriture (du corner végétarien du moins) est locale, le campus est adapté aux vélos. Bon après, il a encore beaucoup de choses à changer mais c’est déjà ça.

Quand à mes changements d’habitudes, je me dis que beaucoup de gens qui changent un peu leurs habitudes auront surement plus d’impact qu’une seule personne qui modifie son existence du tout au tout.

Bon Labor Day à tous !