dimanche 29 janvier 2012

on verra

Comme celles pour moi, les résolutions que j'avais prise pour mon blog n'ont pas tenues très longtemps. Pas d'articles plus fréquents, pas d'images, pas de photos. Je n'ai pas le temps! Malheureusement pas parce que je passe mon temps à vivoter d'un bout à l'autre du pays, mais bien parce que pour la première fois depuis que j'ai débarqué ici, j'ai beaucoup de travail. 

Enfin, au premier semestre, j'avais aussi beaucoup de travail, mais c'était celui-ci qui me permettait de rencontrer tous les gens qui ont marqué mon semestre et qui on changé ma vision de beaucoup de choses. 

Ces trois premières semaines, j'ai passé de nombreuses heures à la bibliothèque et dans mes livres, mais j'ai le sentiment qu'avec un peu d'organisation, je trouve encore le temps d'aller voir quelques artistes en concert et d'écrire pour le journal. 

Je n'en parle pas très souvent ici mais j'écris toujours un article par semaine pour le Daily Tar Heel, plus gros quotidien papier du coin. J'écris pour les Arts, ce qui me permet de rencontrer des personnages passionnants et d'être toujours au courant de ce qu'il se passe culturellement dans la ville. Il y a un milliard de normes d'écriture à respecter, ce qui fait qu'au final, les pièces sont assez fades, je trouve, mais ce sont les directives...

Sinon, je vais un peu parler de mes cours, puisqu'ils occupent mon esprit beaucoup beaucoup en ce moment. 

J'ai un cours appelé Intro to multimedia, que je pensais être un cours de montage de projet multimédia (vidéo+graphisme+son) mais en fait, pas du tout. Il s'agit d'apprendre à coder en HTML/XHTML et d'apprendre les bases du webdesign. Rien de très simple dans tout ça mais heureusement, mon prof est l’impressionnant et ultra accessible Steven King. Il est développeur, photojournaliste, coach multimedia et webdesigner. Il a longtemps été responsable du site du Washington Post, avant de partir pendant 2 ans faire un tour du monde avec sa femme. C'est un des rares américain à avoir pénétré en Corée du Nord et à avoir pu en ramener des photos. Son travail est vraiment époustouflant, voilà son Flickr : http://www.flickr.com/photos/cujophoto/sets/ . 

J'ai ensuite un cours appelé Film Analysis. C'est sans doute celui qui me prend le plus de temps mais c'est aussi le plus passionnant. C'est un amphi de 6h par semaine + une heure de conf, pendant lesquelles on étudie en profondeur la technique, les mouvements et l'histoire du cinéma international. 

Enfin, j'ai un cours appelé Intro to writing for TV and film. Je ne savais pas trop à quoi allait ressembler celui-ci, mais je suis un peu déçue. Au tout premier cours, le prof nous a annoncé qu'on ne traiterait d'aucune manière de cinéma indépendant, que notre objectif de fin de semestre lorsqu'on écrirait notre film serait d'être dans une optique marchande de vente du scénario à Hollywood. Jusqu'à maintenant, nos travaux se résument à écrire des épisodes pour une sitcom... Un peu déçue mais j'y reste parce que je pense que c'est un très bon moyen tout de même pour développer l'imagination, pour réussir à intégrer des idées d'actions dans des scénarios qui serait trop mous, et surtout pour comprendre que le cinéma est un art mais c'est aussi une industrie qui brasse des millions. 

Dans mon flou de travail, j'ai quand même pris le temps d'aller à The Station, écouter de la musique à Carrboro, et au Farmer's Market avec ma pote américaine Lizzy. 
A The Station, j'ai rencontré un type qui voyage dans les Etats-Unis depuis un bon moment, après avoir passé quelques mois en Europe et quelques mois en Inde. Il va juste de ville en ville, et son truc c'est de trouver des bonnes bibliothèques avec des livres intéressants et de passer son temps à lire. Il dort chez des gens, ou se trouve un petit boulot, une copine, enfin un plan quoi, et vis sa vie. Je sais que c'est ultra naïf et idéaliste mais ça m'a trop mis du baume au coeur de rencontrer ce type et de me dire que y'a encore des gens qui ne court après rien, ni l'argent, ni la carrière, ni la réussite, et qui vivent au jour le jour en se disant "on verra". Même si je trouve ça radical, et je sais qu'on ne peut pas vivre comme ça pour toujours, c'est l'état d'esprit qui me plait. Faire ce qu'on aime, se fixer de minis objectifs et y parvenir et se dire "on verra". 

Le Farmer Market était comme d'habitude une immense bouffée d'air frais. Je marchais entre les étales, et je me disais que si je devais un jour recommencer à manger de la viande, ce serait surement dans des endroits comme celui-ci que je l’achèterai. Mais ce n'est pas au programme pour le moment (même si la nuit derrière j'ai rêvé que je mangeais un poulet). 
Avec Lizzy, on a cuisiné pleins de légumes et on a passé l'aprem à lire et réviser dans un café en face de chez elle, sous le soleil. 
Ca m'a fait du bien. 

Bisou, beaucoup, beaucoup. 

lundi 16 janvier 2012

si les états-unis étaient....

Je suis tombée par hasard sur le blog d'un étudiant à UNC, qui était en échange à Paris il y a un ou deux ans. En lisant ses expériences, je me suis rendue compte qu'il avait profondément nourri tout un tas de fantasme et d'idéaux que représentait pour lui la ville de Paris, et la France en général. Beaucoup de clichés qui peut-être n'en sont pas vraiment. 

Alors, ça m'a fait me demander si moi aussi j'avais des attentes particulières ou des images fantasmée des Etats-Unis avant d'y venir. Même si les Etats-Unis ne me faisaient pas rêver et que je ne les ai choisis que pour UNC, j'avais bien sûr moi aussi une certaine idée de l'Amérique. 
Je trouve que c'est intéressant de se demander quelle est la part de satisfaction, de surprise ou de déception que nous avons sur le pays ou la ville dans laquelle nous vivons. 
Quand je suis arrivée à Paris, moi aussi j'avais toute cette idée fantasmée de la ville, de Saint Germain, de Montparnasse, que j'avais lu dans les livres et vu dans les films. Et puis, ça devient notre quotidien. 
La rive gauche a perdu son âme, qui habite maintenant d'autres coins parisiens. 



Evidemment, je n'avais aucune idée ou attente de Chapel Hill, puisque je n'avais jamais entendu parler de ce bled avant d'y arriver. 
Par contre, sur les Etats-Unis, on a tous notre idée, fantasmée ou non. Cette idée, qui quelque part nous a fait choisir de venir dans ce pays. 

Voilà, en trois exemples, comment je vois les Etats-Unis. 

Un film - Il y a tellement de  films qui représenterait les Etats-Unis, mais si je devais décrire l'idée que je m'en fait vraiment, je dirai que je choisirai My Blueberry Nights de Wong Kar Wai. Les US, c'est un trentenaire paumé qui tient une pâtisserie russe à NYC, une fille peu sûre d'elle, serveuse dans un bar pourri ou un casino de seconde zone, un vieux flic usé au bout de sa vie, et son ex-femme séparée car amoureuse d'un motard rebelle, un patron de café noir, intimidant et bienveillant, une accro au jeu trop sûre d'elle pour cacher un Oedipe mal digéré et puis à nouveau une fille remise qui revient chez elle après une année passée à se chercher. 
Sur les Etats-Unis, aussi, Paranoid Park, American Beauty, No Country for Old Men, The Visitor...

Un livre - Les raisins de la colère de John Steinbeck. Définitivement le portrait  des Etats-Unis le plus touchant dans sa lenteur d'exécution, que j'ai lu. Le Sud des Etats-Unis, l'espoir toujours présent d'une vie meilleure, la croyance que tout peut arriver, qu'il suffit de le provoquer, les gens tour à tour cruels et bienveillant, et la nature. 
Aussi, A Man in the Dark, Less than Zero, Journal d'un vieux dégeulasse, A la poursuite du bonheur... 

Une chanson - Blowin' in the Wind, Bob Dylan. 





Ce week-end, je suis allée à Asheville, faire de la randonnée dans les montagnes, écouter de la musique live et rencontrer quelques hippies... 
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La participation à ce blog n'a pas été très fructueuse (même si je vois vos visites, merci!) mais si ça vous dit de poster comment vous voyez les Etats Unis, je serai curieuse de savoir. Bise!

mercredi 11 janvier 2012

If your house was burning, what would you take with you?

http://theburninghouse.com/


The Burning House c'était un projet un peu décalé imaginé par le jeune blogueur et photographe Foster Huntington. Avant qu'il se retourne sur lui-même son blog avait grandi sur internet et chaque jour des dizaines d'anonymes viennent le nourrir. 
L'idée est la suivante : 


If your house was burning, what would you take with you? It's a conflict between what's practical, valuable and sentimental. What you would take reflects your interests, background and priorities. Think of it as an interview condensed into one question.
*
C'est une question qu'on s'est un peu tous posés au moins une fois. Personnellement si ma maison brûlait, je pense que je partirai sans rien du tout, mais en jouant le jeu, je me suis surprise à ne pas trouver grand chose à rassembler de toute façon. 


D'autant plus que je me suis interdit d'amasser trop de trucs pendant cette année à l'étranger et que j'ai laissé plein de trucs que j'aurai sauvés chez moi en France. 
Sur le blog de Foster, les participants décrivent simplement chaque objet mais je vais un peu détailler parce que sinon ça ne fait pas trop sens (je trouve). 


Je suis désolée d'avance pour la qualité de l'image. Elle est nullos. J'ai rendu mon bel appareil à la fac alors je fais avec les moyens du bord. 
Je pense poster la photo sur le site (ou prendre une meilleure photo, en fait), mais j'aimerai trop voir ce que VOUS emporteriez, alors n'hésitez pas à faire pareil!
http://theburninghouse.com/




Liste :


  • Mon perfecto noir sans manches que j'ai depuis 4 ans, parce qu'il se suffit à lui même. Dessus, un badge avec la tête de Marlon Brando, que j'ai trouvé dans une minuscule fripe de la Nouvelle-Orléans. 
  • Mes converses pourries, dans un état lamentable, qui étaient hautes mais que j'ai découpé en arrivant ici. J'ai cassé plusieurs oeillères à lacet, elles ont pris l'eau des milliards de fois, mais je les jetterai jamais, c'est les pompes que je préfère au monde, je les ai depuis bientôt 6 ans...
  • Deux colliers que j'ai ramassés dans la rue à la Nouvelle-Orléans, juste parce que j'ai un souvenir vraiment génial de ce voyage, et que j'ai vraiment été séduite par cette ville. 
  • La couronne danoise que je porte en collier et le shilling néo-zélandais que je porte en bague, juste pour avoir mes amis toujours avec moi. 
  • Un badge cool "I got it in Washington", venant aussi de NOLA. 
  • Ma grosse bague en argent que j'ai acheté à Paris, l'été après ma première année là-bas, qui me rappelle la semaine de folie que j'y avais passé avec Matthias et les souvenirs fous que j'ai dans cette ville. 
  • Mes lunettes!!! Non seulement parce que sinon je ne vois rien, mais aussi parce que j'ai galéré à trouver une paire qui me plaise et m'aille vraiment. Et c'est l'accessoire que je porte qui m'a valu le plus de compliments!
  • Mon disque dur, juste parce que dessus, il y a tout, tout, tout. Mes projets, mes travaux, des trucs bidons, des images, des trucs écrits, des vidéos, des sons... Toute ma vie dans 500GB. 
  • Mon passeport, parce que j'espère vraiment que c'est un des documents administratifs que j'utiliserai le plus dans ma vie. 
  • Enfin pour finir, ultra méga cliché, mes carnets, mon Moleskine que j'ai depuis des années mais qui n'est toujours pas plein, et un NoteBook du quotidien. 
Enfin, un dernier objet qui est en France, je pense que si ma maison brûlait, j'emportai le livre Jusque dans nos bras, d'Alice Zeniter, parce qu'il me ressemble tellement, et parce qu'il y a la plus belle dédicace du monde dedans!






NB : Depuis, Foster Huntington a lâché son job de webdesigner à New York, s'est offert un van, et passe son temps à voyager. Il raconte tout là : http://www.arestlesstransplant.com/

jeudi 5 janvier 2012

au fond de cette boite

J'ai écrit cet article pendant mon Winter break, au fur et à mesure de mes déplacements. 

Je suis partie, pour trois semaines plus ou moins, pour un voyage vers le Nord. Une semaine à New-York avec ma mère, géniale, qui ne m’a donné qu’envie d’y retourner pour une plus longue période, et juste pour flâner.

On a fait tous les trucs méga touristy mais les souvenirs que je garderai en particulier seront d’abord notre réveillon du 24 à Chinatown, à manger la plus délicieuse bouffe chinoise avant d’aller se faire faire les ongles en mode mère-fille. Ensuite, notre visite à l’ONU. Totalement cliché mais ça me rappelle le moment où j’étais allée à Paris pour quelques jours pour le concours de Sciences Po : j’en étais revenue avec des étoiles dans les yeux tellement je voulais vivre dans cette ville. Là, c’est pareil. Malgré tout le pragmatisme dont on peut (doit) faire preuve vis-à-vis de l’action de l’institution et malgré le recul qu’il faut prendre, la visiter et saisir la mesure de ce qu’elle représente, ça m’a foutu des étoiles dans les yeux pendant une journée.

Une journée et demie passée avec Tomas. Retrouvailles géniales comme toujours même si au final, on se sera vus chaque mois de ce premier semestre. Comme d’habitude, on n’a rien fait d’autre que déambuler dans les rues et essayer de s’imprégner de l’atmosphère de cette ville extraordinaire.

Après quelques 10h de bus et un nouveau tampon sur mon passeport, je suis à Toronto, chez Adrien. Deux petites journées ultra-chill et reposantes dans une ville que j’ai eu le temps d’apercevoir. Toronto a l’air d’être tout à la fois : il y a pleins de petites maisons trop chou comme de très grands buildings, des quartiers ultra hipsters qui côtoient Korea Town. Je me souviendrai juste que c’est une ville pleine de hippies, et ça me plait.

Du bus, encore, et me voilà à Montréal pour une semaine où j’ai retrouvé plein de potes de Sciences Po. Tellement bon de voir des têtes connues, et surtout qui nous connaissent. C’est un séjour très posé, où on s’est tous retrouvés pour passer le cap du Nouvel An ensemble. Montréal ne se démarque pas vraiment par sa beauté, par contre, c’est une ville calme, ça change.

Ce qui m’a frappé au Canada, ce sont les gens. Ils ne sont pas chaleureux comme les gens du Sud, du moins pas autant, mais ils sont doux, un peu lents, et assez sympas. Ils ont l’air d’être ultra easy sur tout et de se laisser vivre, de jamais se prendre la tête. Et ils ont un accent très drôle.

Le froid était polaire, j’ai un peu hâte de retrouver ma Caroline. Plus que de faire du tourisme, cette semaine est vraiment un instant retrouvailles et ça me confirme ce que je pensais déjà : on apprend à bien connaitre ses amis lorsqu’on les retrouve dans un contexte totalement différent de notre quotidien à tous. Je garderai un souvenir joyeux et un peu cinglé de ces quelques jours ensemble.

Le dernier jour, hier, je suis allée voir une expo géniale : Big Bang au Musée des Beaux Arts de Montréal. C’était un collectif d’artiste dans lequel chacun choisissait une œuvre et la réinterprétait à sa manière. C’est très bon et gratuit, alors si vous êtes dans le coin, foncez. Deux de mes préférées.

Une grande salle aux murs recouverts de street art. Le collectif est Montréalais, il s'appelle En Masse. Les dessins sont très beaux, il y a très peu d'écriture, rien qu'un entremêlement de signes en noir et blanc. Au sol, des poufs et tabourets pour se poser et s'imprégner de la pièce. 

Très belle installation de Jean Derome : une vingtaine de tableaux est suspendue sur trois murs. Une ligne de spots lumineux est fixée au plafond. De la musique douce se dégage de la pièce. En fonction des sonorités, la lumière illumine les toiles unes à unes, ou en même temps, ou aucune. J'ai vraiment bien aimé l'alliance du son et de l'image. 

Enfin, du bus, à nouveau, pour rejoindre New York où je prends mon dernier vol pour rentrer. J’avais quelques heures de battement alors j’en ai profité pour me rendre au Centre International de la Photographie. Il y avait trois expos : une sur le photodocumentariste danois Peter Sekaer, une sur la commémoration des 10 ans du 11 septembre et la dernière sur les photos de mode du magazine Harper’s Bazaar. Malgré les très beaux clichés, j’ai préféré les photos de mode, et voilà mes deux préférées.

Kate Winslet photographiée par Peter Lindbergh. Cette photo est incroyable car elle se suffit à elle même. Elle n'a besoin d'aucun titre, d'aucune légende, d'aucun commentaire. Le Harper l'avait compris puisqu'à sa parution en une du magazine, aucun texte n'accompagnait l'image. Aucun texte car aucun besoin de texte, tellement cette image parle d'elle-même. Et elle est sublime. 

Marc Jacobs entouré de ceux qui l'inspire, par William Klein. Cette photo n'a rien de dingue niveau technique ou imagination mais j'aime juste vraiment beaucoup la composition, les couleurs. 

Et là, je suis dans l’avion en direction de Raleigh, ça y est, je rentre de mon winter break, qui a été intense et génial. Je suis dans l’avion, je survole la belle New York, j’ai le soleil dans les yeux, et très honnêtement je me dis juste, putain qu’est-ce que la vie est belle ces temps-ci.

Voilà pour mon récit pas à pas !

Sinon, je vous souhaite à tous une très bonne année 2012. Merci de suivre Minus en Amérique, c’est un kiffe total pour moi d’écrire tout ça et de vous raconter ma vie. Je ne prends pas de résolutions pour moi mais pour Minus : pour le deuxième semestre, j’essayerai de publier moins de gros pâtés d’écriture, mais des articles moins longs, plus anecdotiques, et plus de photos ! Je pensais aussi faire une rubrique « inspirations de la semaine » avec les nombreuses images que j’enregistre sur mon ordi quotidiennement mais qui n’en sortent jamais…

Bisou !