dimanche 28 août 2011

track #5

Cette première semaine de cours a été survoltée.

J’ai encore rencontré beaucoup de monde, et notamment les étudiants internationaux, australiens, danois, suédois, anglais, allemands, néo-zélandais. La plupart sont plus âgés, entre 22 et 25 ans, ce qui fait, qu’ici encore, je suis la minus.

Vendredi soir, on a tenté l’expérience de la « frat party », fête de fraternité. Pour ne pas changer les bonnes habitudes, on est allés à la fête d’un frat juive, et c’était pour le moins poilant. La kippa qui trônait sur les cranes bienheureux des fraternity boys ne les empêchait pas de pratiquer le grinding sans demi-mesure. Grinding en anglais, ça veut dire moudre. Moudre, c’est un mouvement circulaire et répétitif. Dans notre contexte, le café est le mec et la machine à moudre c’est la fille. Le résultat n’est pas un bon café bien fort malheureusement, mais plutôt une trique manifeste. Contraste saisissant avec les attitudes des américains en journée, en soirée ils se déchainent et baisent dans tous les coins, et je peux vous dire que c’est du meilleur effet.

Bon sinon, je suis allée hier pour la première fois à Carrboro. Carrboro c’est la ville hippy-bobo qui jouxte Chapel Hill à l’ouest. Avec Richard l’allemand, Simon le danois et Torrey l’américain, on a fait un tour au marché des fermiers locaux. On a acheté pleins de légumes produits à moins de 100 km de Carrboro et on est rentrés cuisiner dans la maison que Torrey partage avec 3 filles. Journée d’ouragan, beaucoup de vent et de pluie, mais journée géniale : bonne bouffe, bonne compagnie. J’ai pris beaucoup de photos avec mon nouveau réflex mais je n’ai pas encore le câble pour les transférer donc article uniquement pictural bientôt !
Ensuite, avec Kristina la danoise, on  est allées faire un tour dans une des quelques fripes de Carrboro, puis au supermarché. C’est un supermarché co-op qui ne vend lui aussi que des produits venant des environs de l’Orange County. Tout dans cette ville est respectueux au maximum de l’environnement et encourage la récup. Comme ce magasin de vélo où tu bosses 10h pour réparer un vélo avec l’aide des mécanos et où tu peux repartir avec.

Bientôt, je parlerai du livre que j’ai lu juste avant d’arriver à Chapel Hill et qui a changé ma façon de consommer et qui explique pourquoi j’aime déjà Carrboro.

Voilà pour les brèves nouvelles, et sinon, je me suis offert un vélo, je suis allée voir un concert de groupes locaux indépendants sur le toit d’un immeuble, et j’ai découvert plein d’artistes danois.  Ah oui, aussi, je suis passée sur RTL pour parler de l’ouragan Irène !

Future Island, mini groupe local de Caroline du Nord

Den Sorte Skole, de Copenhague

mardi 23 août 2011

Don't hesistate to re-shoot

Roulement de tambour les gars : ce matin je suis officiellement entrée à l’école de journalisme de UNC. 

Alors déjà, elle est assez coolos de l’extérieur là comme ça :




Dedans, elle est encore mieux. Y’a des studios d’enregistrement, des plateaux, des vigies. Je ne sais me servir de rien de tout ça mais j’ai hâte d’apprendre.



Le premier cours de mon année à UNC s’appelle « writing for the electronic media » mais en gros, si j’ai bien compris, c’est surtout apprendre à écrire pour la télé. Je vise pas spécialement ça dans un idéal futur plus ou moins proche mais bon, faut bien commencer quelque part. Le prof s’aime beaucoup et est super exigeant : le semestre s’annonce assez laborieux. Les cours vont vite, mais tout a l’air passionnant.

Après j’ai eu « Beginning photojournalism » et je pense que j’ai jamais autant kiffé une première séance de cours. Bon je dois avouer, le jeune diplômé sexy et inspiré qui anime le cours y est sans doute pour quelque chose. Ce cours a vraiment l’air incroyable, j’ai hâte de prendre mes premières photos, de travailler sur mes premiers projets, de monter mon premier portfolio. L’université me prête un appareil photo pour 50$ le semestre, ce qui est plutôt un bon deal. Le site de mon prof, c’est celui-ci : http://jchriscarmichael.com/, cliquez vite fait sur Honors et vous verrez que c’est un petit génie de la photo.

L’ambiance en cours est très différente. Les profs sont encourageants, avenants, ils poussent les étudiants à questionner, à participer. Je trouve qu’on a moins l’impression de faire chier le prof quand on pose une question ici. Ils sont aussi très positifs. Ils ne vous diront pas : ne faites pas ça, y’a pas de boulot, pas de sécurité de l’emploi et autre bullshit dissuasif. Ils vous diront : faites ce que vous aimez avec passion, faites-le bien, et vous y arriverez. C’est encourageant, ça donne envie de se bouger.

Demain mon cours de langue et mon dernier cours de journalisme : introduction to graphic design (oui, je n’ai que 13h de cours).

KISS

dimanche 21 août 2011

six pack pack

Ca y est, je suis amoureuse.

Après le meeting d’internationaux raté (je me suis pointé au mauvais endroit avec quelques autres), on est allés voir les basketteurs de UNC qui faisaient le show en proposant à des étudiants de les affronter en micro-match de 11 points. Mon amour inconsidéré pour les re-noi doit être pour beaucoup dans mes nouveaux émois puisque notre équipe de basket n’est composée que de sveltes et musclés noirs américains, d’une taille standard de 2m75 pour les plus petits.

Du bonheur en équipe de 5.

Je pense que je pourrai bien mieux parler du sport dans quelques temps, mais je constate déjà que c’est une composante vraiment essentielle de la vie d’étudiant. Les sportifs obtiennent des bourses complètes pour venir étudier dans telle ou telle fac, sont littéralement adulés par nous autres, commune masse des étudiants sans intérêt. D’ailleurs, ici, tout le monde court, nage, fais des tractions dans le parc. C’est normal, c’est être « healthy ».

Les photos seront plus évocatrices que les mots sur les atouts de nos basketteurs, donc les voici.










Je ne sais pas qui est qui mais ils sont très forts et potentiellement de futurs joueurs en NBA

Encore après, au get together de mon étage (H-Base as for Horton Hall Basement (oui je vis dans la cave)), j’ai rencontré deux meufs et un mec plutôt coolos dont je n’arrive pas à me rappeler les noms. Ils m’ont trainée à la « convocation », en gros la cérémonie d’accueil de la promo 2015 de UNC pour les freshmen. Je savais pas trop à quoi m’attendre mais j’ai pas été déçue par le spectacle digne un soap opéra bolivien. Ca a duré deux heures, les interventions étant à chaque fois entre le hilarious d’absurdité et le sincèrement inspirant. Le discours du dean, par exemple, était vraiment bien écrit, très inspiré et inspirant, parlant des rêves et des opportunités que l’on peut avoir, nous poussant à les réaliser et à les saisir. L’espèce de spectacle qui a suivi où la fanfare qui fait plus ou moins 30 fois notre batuka jouait des airs de fête de la choucroute était nettement moins stimulant intellectuellement mais aussi vachement plus drôle.



J’étais quand même super saucée de voir les cheerleaders de UNC secouer leur pompon dans leur joli uniforme.



Tout le monde dans les gradins portait du « Carolina blue » sauf quelques intrus manifestes et apprenait grâce à un chauffeur de salle à « cheer », encourager les sportifs pendant les matchs qui ont ensuite tous fait une apparition rapide, équipe de football américain, de volley féminin, et de basket. Le sentiment d'appartenance des étudiants à UNC rend semi-fasciné semi-méfiant mais j'aurai l'occasion d'en reparler.

Petit détour ensuite au Fall Fest, réunion des quelques 600 associations que compte UNC et qui permet d'en apprendre plus pour elle et de s'engager. Mon but cette année : m’engager pour l’environnement et entrer au Daily Tar Heel.


Sac offert contre promesse de faire attention à sa santé en promouvant le Campus Health Service (avec toute une série de tracts effrayants sur les raisons pour lesquelles boire c'est le mal)

KISS

Back off boys

Il fait vraiment très chaud et humide. Les cafards ont disparu. Je n’ai toujours pas dormi dans ma chambre.

Sinon, tout va très bien, les gens sont toujours aussi adorables, le programme d’accueil est très cool, j’ai presque fini toutes les démarches administratives, je commence les cours mardi. Ah oui, cette année à l’étranger va me coûter une jambe au bas mot donc je cherche un taff aussi.

Hier mes suitmates (=deux filles avec qui je partage ma salle de bain) ont invité des potes à elles à venir squatter. Tout le monde est super cool et tout et tout. Ils prévoyaient leur soirée et c’était marrant de voir quel effet l’alcool leur fait. Pas l’effet physique, parce que ça je pense que c’est des symptômes universels. Tout le monde était très excité, ça parlait fake ID, fraternités and dirty sex. Assez poilant de voir ça de l’extérieur, boire c’est une transgression carrément folle qui leur donne l’impression de jouer au chat à la souris avec la loi. On ne laisse pas trainer les bouteilles éparses dans la chambre, on fait des plans pour picoler en douce, bref tout ce que les français (européens ?) font vers la fin de la troisième avec un fond de culpabilité très vite oublié. L’université pour les freshmen en herbe, c’est la liberté. Même sans passer la barre fatidique des 21 ans, ils sont débarrassés des contraintes parentales et essayent à qui mieux-mieux de vivre the american experience of college. Regards incrédules quand on leur confirme qu’en France, ces rites initiatiques s’opèrent en général bien avant, et surtout sans risque d’illégalité.

Cette semaine (ou la prochaine ?) a lieu le Rash (je sais pas comment ça s’écrit mais ça se prononce comme ça) autrement dit le recrutement pour les fraternités et sororités. En gros, les fraternités et sororité c’est des garçons et des filles riches qui trainent entre eux sous la bannière de trois lettres grecques et qui organise des fêtes dans leurs grandes maisons au nord du campus. Il y a des fraternités de blancs, de noirs, de latinos, d’asiat (la question de la race dans un prochain article). Donc pendant le Rash, comme Brooke et Andrea (suitmates) me l’ont expliqué, tu dois obtenir des « bid », espèce de tickets d’entrée dans telle ou telle frat ou sororité, et ensuite choisir. Comment ils sont sélectionnés ? Elles sont restées assez évasives sur ce point, à moins que mon esprit n’ait décroché quand elles m’ont dit que pour obtenir des « bid » elles devraient s’abstenir de toucher, voir ou parler à des hommes/garçons pendant une semaine.

Les américains sont très gentils mais ils sont quand même un peu cinglés. 

jeudi 18 août 2011

a cockroach story

Deux heures de voiture, 8h30 d’avion, 1h30 d’attente aux douanes, 15 minutes de course effrennée à l’aéroport de Washington, une heure d’avion, une demi-heure de voiture. Je suis arrivée.

Je me sentais toute fébrile pendant le premier vol, parce que ce départ qui est déjà loin pour certains, et encore une attente pour d’autre, on y a tous beaucoup pensé.

Des détails techniques ont fait que mon arrivée à Chapel Hill était un peu chaotique : ma valise est restée à Washington alors que je montais dans l’avion 3 minutes avant son départ, et je ne trouvais pas mon dorm puisque mon numéro d’étudiant affichait le nom douteux d’un asiat expatrié.

Aujourd’hui tout va bien, par la magie de la technologie, je suis confortablement assise dans ma chambre de campus, seule puisque ma roommate n’arrive que dimanche, ma valise avec moi. Hormis le bruit sordide du climatiseur fixé au plafond et que je ne sais pas éteindre, tout est cool.

Le campus est très très grand, si bien que quand on n’a pas de caisse, on doit se farcir quelques demi-douzaines de miles tous les jours. Bon ok, c’est que mon premier jour mais j’ai déjà de la corne aux pieds. Le campus est très très beau aussi, tout est verdoyant, il y a beaucoup de végétation, ce qui nous ferait presque croire qu’on ne respire pas de l’air incroyablement pollué par les centaines de voitures qui circulent ici tous les jours.

Les gens sont très très sympas. A peine arrivées, une américaine nous a prises sous son aile (moi et Lucie, l’autre française en échange ici) ou plutôt dans son mini van et nous a aidé à trouver nos dorms sur le campus. Sa mère nous a invité à manger un bout, a porté nos valises, a buté les cafards qui squouattaient ma salle de bain, bref, vraiment, les gens sont très gentils. Ils sont très curieux de savoir d’où on vient, ce que l’on vient faire ici, ce qu’on aime. Aujourd’hui, la coloc de Lucie a emménagé, avec ses parents et ils nous ont invitées dans leur résidence secondaire au bord d’un lac de Caroline pour Labour Day (je ne sais pas ce que c’est mais c’est férié et c’est bientôt). Avec eux, dans leur truck dont les roues sont aussi hautes que moi, nous sommes allées faire un tour à Walmart pour acheter les choses dont nous avions besoin pour notre chambre.

Les américains sont de très très gros consommateurs. Walmart c’est un peu le temple de la consommation ici. Alors mettez des américains dans un Walmart et vous aurez un résultat intéressant. 
Je crois que j’aborderai ce sujet un autre jour parce que là un cafard de la taille de mon index vient de me monter sur les pieds et que je flippe ma race. 
Je vais aller me mettre en hauteur et espérer qu’il crève de froid sous l’air conditionné.