Ce que je vais raconter dans cet article fait parti des réflexions que j’ai eu au courant de cette 3A aux Etats-Unis, et que je suis vraiment contente de partager parce que c’est un sujet dont je parle pas hyper souvent, et dont je parlais pas super facilement.
Cet article n’est pas du tout mais vraiment pas du tout politique même si j’avoue que le contexte n’a pas aidé, souvent, donc ne voyez pas des signes là où y’en a pas.
Depuis que je suis arrivée à Chapel Hill, j’ai fait face à l’altérité au niveau national, comme tous les autres 3A. On me ramène souvent à ma nationalité française, soit en me sortant des clichés horribles (genre une meuf m’a demandé si les mecs se baladaient avec des roses et les offraient randomly aux filles dans la rue), soit en me citant des exemples de ce pourquoi la France est connue à l’étranger.
Je me dis en y réfléchissant que ça devait faire étrange pour beaucoup d’autres 3A d’être l’ “étranger” dans un pays, ce qui me faisais étrange à moi, c’était d’être étrangère tout en étant française. Je m’explique. En France, je suis assez loin d’être une victime du racisme qui j’en suis sûre existe, j’ai jamais vraiment été discriminée mais disons que ça se voit un peu (un tout petit peu) que j’ai des origines d’ailleurs. Et si la plupart du temps, on me demande si je suis ashkénaze ou séfarade, ou si mon nom est alsacien ou allemand, j’aime répondre aux gens trop curieux par un définitif “nan chuis arabe”.
Là où ça se complique c’est que j’ai vraiment grandi avec ces deux identités, ces deux nationalités (puisque je suis aussi binationale) et que personnellement ça a vraiment toujours été plus une source d’emmerdes que de bonheur. Je me souviens de ces gens au collège qui avec la naïveté encore un peu enfantine mais les préoccupations de grands, te demandent sans ménagement “t’es d’quelle origine?”, le ton agressif qui va avec, souvent. A cette question, ça me faisait vraiment toujours chier de répondre “je suis née en France mais mes parents sont algériens” parce que pour moi ça n’avait aucune importance et que je me considérais plus française que n’importe quoi d’autre.
Malgré ça, mon évolution identitaire personnelle a de plus en plus remis en question cette identification franche à la France, et c’est à ça que je dois ajouter que les évènements politiques de ces dernières années n’ont rien arrangé. Je ne sais pas si je me suis montée la tête toute seule ou si j’ai été manipulée par les médias, mais je me suis sentie chamboulée dans mon identité ces dernières années. Si bien que mon identification à telle ou telle culture est devenue une impasse et que c’était constamment dans mon esprit, il n’y avait pas un jour où je ne devais pas faire un choix ou penser une fois aux oppositions entre mes cultures. Depuis plusieurs années, j’avais l’impression que quelqu’un, quelque chose me forçait à choisir. En réalité, c’était moi même qui ne concevait pas de pouvoir être les deux parce que choisir l’une c’était renoncer à l’autre, et c’est impossible.
Je ne sais pas trop pourquoi en 2ème année d’études, donc l’année dernière, ces questions sur mon identité sont devenues une obsession et je n’arrivai à me projeter sur aucun schéma, sur aucun choix, sur aucune culture complètement.
Et après je suis partie en 3A. De toute ma vie, je ne me suis jamais sentie aussi française que depuis que je vis aux Etats-Unis. Comme beaucoup d’autres 3A je pense, mais personnellement j’ai l’impression que ça a eu une connotation différente, parce que pour la première fois depuis longtemps je me suis sentie complètement et entièrement française.
Parallèllement, je n’ai jamais autant renoué avec l’Algérie que depuis que je suis arrivée ici, je n’ai jamais autant “accepté” cette culture et cette histoire que j’avais beaucoup rejetée.
Enfin, je n’ai jamais eu autant l’impression que je n’avais plus besoin de faire un choix, que je pouvais être les deux entièrement et que ça ne posait de problème à personne, et surtout pas à moi.
Cette réflexion au cours de ces 8 mois m’a fait réalisé à quel point la caractéristique “être arabe” ou du moins “français d’origines arabes” est devenu un poids à porter en France, pour des raisons qui n’ont pas lieu d’être. Certains me contrediront surement, et je n’attends que ça, mais pour l’instant je me demande bien dans quel état d’esprit je serai en rentrant en France et j’appréhende un peu.
Cet article ne fait pas l’apologie des Etats-Unis, car ils ont eux aussi énormément de problèmes d’intégration, mais je réalise simplement que prendre de la distance est définitivement le remède à beaucoup de choses.
Je crois aussi que ce dont je parle dans cet article est la réalisation personnelle qui a été la plus importante pour moi cette année.
Plus que 5 jours ici, Minus à Chapel Hill est bientôt fini mais l’aventure américaine continue encore un peu. Bisou!
lundi 30 avril 2012
jeudi 26 avril 2012
mi-chemin?
Aloha les loulous,
Je suis d'excellente humeur, je suis quasiment en vacances (un mini exam d'espagnol lundi matin), et c'est fabuleux.
Plusieurs choses m'ont fait sourire ces derniers temps, j'ai vu The Roots en concert, j'ai chanté en open-mic à The Station, un bar de Carrboro, j'ai filmé ce qui va peut être être un nouveau projet personnel aujourd'hui...
Je suis dans un entre deux assez agréable, je n'ai rien d'académique à faire, je range mes affaires tout doucement tout en me rappelant les dizaines de bons souvenirs que j'ai ici, je pars bientôt en vacances...
Je n'ai pas été très régulière dans ma bilan-mania, parce qu'il y a beaucoup de changements que j'ai un peu de mal à détailler ou qui ne demandent pas à être détaillés. Comme le fait que je suis devenue une féministe convaincue, que je suis trois fois plus sociable, beaucoup moins pessimiste mais bien plus cynique, un peu plus assurée et beaucoup plus sensible politiquement.
Plein de choses qui n'ont pas besoin d'être vraiment expliquées parce que vous le marquerez de toute façon quand on se verra!
Je pars vendredi prochain, une semaine, j'essayerai de poster un dernier article avant de partir, à propos de peut être la plus grande réalisation philosophico-identitaro-personnelle de mon année.
Bisou!
Je suis d'excellente humeur, je suis quasiment en vacances (un mini exam d'espagnol lundi matin), et c'est fabuleux.
Plusieurs choses m'ont fait sourire ces derniers temps, j'ai vu The Roots en concert, j'ai chanté en open-mic à The Station, un bar de Carrboro, j'ai filmé ce qui va peut être être un nouveau projet personnel aujourd'hui...
Je suis dans un entre deux assez agréable, je n'ai rien d'académique à faire, je range mes affaires tout doucement tout en me rappelant les dizaines de bons souvenirs que j'ai ici, je pars bientôt en vacances...
Je n'ai pas été très régulière dans ma bilan-mania, parce qu'il y a beaucoup de changements que j'ai un peu de mal à détailler ou qui ne demandent pas à être détaillés. Comme le fait que je suis devenue une féministe convaincue, que je suis trois fois plus sociable, beaucoup moins pessimiste mais bien plus cynique, un peu plus assurée et beaucoup plus sensible politiquement.
Plein de choses qui n'ont pas besoin d'être vraiment expliquées parce que vous le marquerez de toute façon quand on se verra!
Je pars vendredi prochain, une semaine, j'essayerai de poster un dernier article avant de partir, à propos de peut être la plus grande réalisation philosophico-identitaro-personnelle de mon année.
Bisou!
mercredi 18 avril 2012
vivre sa vie
Il est déjà tard et j'ai perdu l'habitude de me coucher après minuit en semaine (oui je suis un bébé) mais je voulais écrire un petit post assez court ce soir.
Pas de bilan sentimental pour cet article, même si je n'ai pas fini d'en faire, mais je voulais juste profiter de l’accalmie et de la sérénité de mon esprit habituellement nerveux pour parler de la nouvelle que j'ai apprise cette semaine.
J'avais refusé de parler de mes choix de master sur ce blog, un peu par superstition, beaucoup parce que je ne savais pas quoi dire, mais cette troisième année c'est l'année où j'ai commencé à étudier le journalisme, et pendant laquelle, après un dossier de 6 pages et un entretien, j'ai été admise à l'école de journalisme de Sciences Po.
Bon je vais pas épiloguer, fidèle à moi même j'ai eu une réaction digne de la remise des prix des Oscars, etc. etc. Enfin bref, je m'en excuse pas, mon excès émotionnel a pris le dessus sur tout.
Ce post juste pour dire qu'évidemment je suis super heureuse de pouvoir continuer l'aventure du journalisme. Et aussi que cette 3A m'a appris tellement et m'a donné des perspectives bien plus précises sur ce que je voulais vraiment faire, m'a fait accepter les réalités et les difficultés du métier.
Voilà... je vais pas verser dans le pathos à nouveau mais je voulais quand même faire un petit clin d'oeil aux gens qui m'ont aidée et poussée dans mes projets, ils se reconnaîtront, et qui ont cru en moi bien plus que je ne croyais en moi-même.
Bisou!
Et y'a pas longtemps, j'ai regarde Vivre sa vie avec Anna Karina, et y'avais cette chanson ultra franchouillarde que j'adore.
Pas de bilan sentimental pour cet article, même si je n'ai pas fini d'en faire, mais je voulais juste profiter de l’accalmie et de la sérénité de mon esprit habituellement nerveux pour parler de la nouvelle que j'ai apprise cette semaine.
J'avais refusé de parler de mes choix de master sur ce blog, un peu par superstition, beaucoup parce que je ne savais pas quoi dire, mais cette troisième année c'est l'année où j'ai commencé à étudier le journalisme, et pendant laquelle, après un dossier de 6 pages et un entretien, j'ai été admise à l'école de journalisme de Sciences Po.
Bon je vais pas épiloguer, fidèle à moi même j'ai eu une réaction digne de la remise des prix des Oscars, etc. etc. Enfin bref, je m'en excuse pas, mon excès émotionnel a pris le dessus sur tout.
Ce post juste pour dire qu'évidemment je suis super heureuse de pouvoir continuer l'aventure du journalisme. Et aussi que cette 3A m'a appris tellement et m'a donné des perspectives bien plus précises sur ce que je voulais vraiment faire, m'a fait accepter les réalités et les difficultés du métier.
Voilà... je vais pas verser dans le pathos à nouveau mais je voulais quand même faire un petit clin d'oeil aux gens qui m'ont aidée et poussée dans mes projets, ils se reconnaîtront, et qui ont cru en moi bien plus que je ne croyais en moi-même.
Bisou!
Et y'a pas longtemps, j'ai regarde Vivre sa vie avec Anna Karina, et y'avais cette chanson ultra franchouillarde que j'adore.
mercredi 11 avril 2012
peu pour être heureux
Comme prévu, je n'ai pas vraiment le temps de pondre autre chose que mes pamphlets larmoyants alors je vais m'y tenir.
Celui-ci est le moins sentimental cependant, et le plus pratique de tous.
Comme vous savez, souvent (tout le temps) je sur-réfléchis chaque instant de mon existence jusqu'à le disséquer et en dresser des conclusions philosophiques sur ce que c'est que d'être humain, mais dans cet article je vais parler, évidemment de réflexion, mais qui s'est couplée d'une action.
Cet article risque d'être redondant pour ceux qui suivent mon blog régulièrement mais on s'en tape.
Vivre un an à Chapel Hill ça a vraiment, profondément j'espère, changé mes habitudes de consommation.
J'ai toujours vécu dans une grande ville, j'en ai jamais rien eu à foutre des arbres, de l'herbe, de la nature, des animaux, je triais même pas mes déchets à Paris (shame, je sais), enfin bref j'étais juste très égoïste à ce niveau là.
C'est comme pour le féminisme : ça me touche pas donc j'y pense pas. Ce qui est à peu près le raisonnement le plus débile de la terre.
Avant de venir, j'ai donc lu ce livre fascinant et unique que vous devriez TOUS lire sans exception, No Impact Man, de Colin Beavan.
Après, je suis arrivée ici et j'ai rencontré plein de gens qui ne vivaient pas comme j'avais toujours vécu. Ils étaient préoccupés par des causes qui me passaient au dessus de la tête. Je m'y suis intéressée, pourquoi achètent-ils local, quelle importance, pourquoi ont-ils arrêté de manger de la viande, pourquoi ont-ils tout quitté pour devenir fermiers?
En arrivant, j'ai moi même arrêté de manger de la viande, et ce qui a commencé par être une expérimentation juste pour voir, est vraiment devenu un engagement. Je me suis vraiment renseignée, notamment par le fabuleux Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer et ça m'a ouvert les yeux.
Je ne mange plus de viande, je consomme des produits locaux uniquement, bios au possible. Je ne consomme plus à outrance, j'essaye de ne pas être heureuse juste parce que j'ai une nouvelle "chose", juste parce que je possède un nouvel objet préfabriqué. Je puise mes ressources ailleurs. Au Etats-Unis, c'est particulièrement difficile tant la société de consommation est étendue. Aujourd'hui, manger un vrai bon repas de qualité (beaucoup plus facile en France) revient au même sentiment prodigué par l'achat d'une nouvelle paire de pompes quand j'habitais à Paris, j'exagère à peine.
Je suis beaucoup plus lucide sur les efforts qu'on a tous à faire pour aider notre environnement et pour aider les autres.
Je suis également très lucide sur le fait que ce mode de vie a un prix, un prix que je pourrai/voudrai sûrement pas payer à Paris.
Ici, c'est plus facile, c'est paumé, en gros il n'y a pas vraiment d'autres tentations. Mes folies de consommation, c'est du fromage (ultra cher) de temps en temps ou un voyage coolos.
Je ne sais pas si mon mode de vie sera influencé par tout ça quand je rentrerai en France, mais j'espère vraiment. La grosse différence étant que maintenant je sais et j'agis et qu'avant je savais mais je m'en foutais. Ce qui est sûr, c'est que je resterai végétarienne, pour des raisons multiples, et que je mettrai sûrement les pieds pour la première fois de ma vie chez Naturalia.
En gros... si je devais résumer brièvement... Je suis beaucoup plus lucide et réaliste mais paradoxalement, beaucoup plus idéaliste aussi, parce qu'il faut bien croire au changement pour accepter de changer soi-même.
Cette conclusion fait très fin de dissert atroce, je suis désolée.
Bisou!
mercredi 4 avril 2012
Le mois sentimentalo-mielleux et personnellement-public
Au départ, je n’allais pas parler de ça. Déjà, parce que je déteste parler de ce que je ressens sur internet (même si je l’ai déjà largement fait sur Minus) et aussi, parce que honnêtement, j’étais beaucoup trop sonnée pour écrire quoi que ce soit.
Si ça vous intéresse donc, je vous invite juste à lire l’article hommage à Richard Descoings écrit par un étudiant de Sciences Po pour Le Plus du Nouvel Obs.
Je retiens une phrase qui résume un peu :
“Mais à bien y réfléchir, le lien nous unissant à "Richie" avait ceci de particulier qu'il était à la fois précieux et inexplicable.”. Inexplicable, c’est exactement ça.
Hier soir, j’aurais bien retrouvé l’étroite et bondée Rue Saint Guillaume. La “communauté” a toujours été un concept que j’ai détesté au plus haut point. Mais là, je m’aperçois pour la première fois des codes et des liens qui unissent la communauté des gens de Sciences Po. C’est un peu étrange.
Aujourd’hui, nous sommes le 4 avril. Il me reste exactement 1 mois avant de quitter Chapel Hill. C’est une chose qui me fait dresser des bilans. Je n’y peux rien, les bilans j’en fait tout le temps, c’est comme les listes (moi, névrosée?), j’en ai besoin. Pour savoir où j’en suis et quelle est la prochaine étape.
Simplement, pour cette 3A, dont j’ai partagé l’expérience avec vous sur Minus, je ne veux pas garder mes bilans pour moi. J’ai l’impression que beaucoup de choses ont changées depuis que j’ai écrit “a cockroach story”. Comme je n’aurai pas trop le temps de publier en avril, je n’écrirai que des mini réflexions sur ce que m’a apporté ma 3ème année à l’étranger (et en vrai ça m’aidera surtout beaucoup à écrire mon rapport de séjour).
Alors voilà, en avril, sur Minus, je vais être sentimentalo-mielleuse et personnellement-publique, vous êtes prévenus.
Avant d’entrer dans les détails dans les articles qui suivront, je vais apporter un bref aperçu de l’aspect le plus important de ma 3A et de toute ma scolarité à Sciences Po d’ailleurs.
Ma troisième année m’a appris que je devais croire en mes rêves.
Oui oui, je vous vois venir, voilà Minus qui se la joue gaucho-hippio-utopiste encore.
Mais c’est vrai.
Sciences Po, de façon plus générale, est ce qui m’a permis de croire en mes rêves, et des rêves, vous savez que j’en ai PLEIN.
Si Sciences Po m’a permis de croire en mes rêves, c’est que Sciences Po, à un moment, ça a été un rêve lui aussi.
La 3ème année aux Etats-Unis, en journalisme, c’était un rêve aussi.
Tourner un reportage amateur à New York, c’était un rêve.
Ecrire un script, c’était un rêve.
Et tout ça, maintenant, grâce à des dizaines de gens différents, c’est ma réalité.
C’est simple, c’est con, tellement évident qu’on y croyait même plus. Il faut juste rêver un peu, y croire, et se donner. Et ça marche!!
Mais bien sûr, si personnellement je suis passée par ce chemin là, pas besoin d’être à Sciences Po où de vouloir y entrer pour avoir des rêves et les réaliser... Il faut juste... foncer!! (be awesome, fuck the fear?)
Love.
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