Demain je vais à Washington !
C’était vraiment un plan de dernière minute mais je suis super contente. On voyagera en bus ce qui est très économique (moins cher qu’eurolines en France). Je crois que peu de gens prennent le bus pour se déplacer ici, ou même le train. J’avais rencontré un couple de vieux dans l’avion, vivant en Caroline, qui m’avaient expliquée que les américains se déplacent essentiellement en voiture ou en avion pour les longues distances et que les réseaux ferroviaires étaient peu développés. Ils avaient aussi précisé que ça craint dans ce genre de transport, mais j’y crois pas une seconde. Les américains sont des peureux. Il faudra vraiment que j’aborde ce point très bientôt, parce que c’est vraiment fou.
Je suis contente aussi, parce que là tout le monde part en 3A (ou dans peu de temps) et c’est coolos de lire les aventures de chacun.
J’ai dit dans le précédent article que je parlerai d’un livre. Je pense que ce blog ne va pas seulement consister en des récits de ma vie américaine, mais je pensais aussi aborder plein d’autres choses en fonction du temps et de l’envie.
Juste avant de partir pour Chapel Hill, j’ai lu No Impact Man. Il a été publié il y a un petit moment, un ou deux ans je crois, et a fait beaucoup de bruit aux Etats-Unis. Il avait aussi fait un peu de remous en Europe mais plus discrètement.
No Impact Man c’est un homme, un historien/écrivain new-yorkais, vivant à Manhattan, qui pendant un an décide de réduire son impact carbone à zéro. Zéro total, ou du moins dans la mesure du réalisable, et elle est assez large pour lui. Avant de se plonger dans cette aventure, Colin Beavan était un hippie-bobo comme les autres, qui triait ses ordures deux fois par semaine, allait bosser en métro ou faisait ses courses dans n’importe quel magasin bio de proximité. Son projet s’est fait en trois étapes : cesser de produire des déchets, réduire son impact carbone à zéro, adopter une alimentation durable. Là, comme ça, j’avoue, ça ne dit pas grand-chose. Pendant un an, Colin a cessé de produire des déchets ménagers (plus de mouchoirs en papier mais un bon vieux mouchoir en tissu, plus de couches en plastique pour sa fille mais des couches réutilisables, plus de papier toilette). Alors évidemment, c’est un écrivain, il a fait à mon sens fait un véritable travail d’investigation, son comportement est donc extrême. Il a ensuite cesser de produire du CO2 ou d’utiliser tout appareil qui dépenserait de l’énergie non durable. Il s’est offert un vélo, a monté les 9 étages le menant à son appartement, et à terme, a entièrement coupé l’électricité chez lui. Enfin, à force de recherches et de tentatives, il a adopté une alimentation durable, chérissant les producteurs locaux (même à NY, il y en a) et produisant lui-même quelques denrées.
Son récit est édifiant. Il ne donne aucune leçon. Il constate et informe. Il pèse le pour et le contre des retombées de son expérience. Les lobbys écologistes l’ont porté aux nues mais il a gardé les pieds sur terre. Evidemment, il a vécu son aventure comme une réelle expérience, au sens ou ça n’a jamais été vraiment naturel pour lui de faire tout ce qu’il a fait, du moins au début. Ca l’est devenu petit à petit.
Comme expérience je trouve ça passionnant et fascinant, le livre se lit très vite. Au quotidien, c’est une autre histoire. Je ne prétends pas que nous devrions tous nous conduire de cette façon, parce que non, nous ne devrions pas. Mais cet homme m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Pourquoi se sent-on aussi peu concernés par ce qu’on afflige à notre planète ? Je n’ai aucune réponse à cette question, mais j’aimerai bien.
Quand je dis peu concernés, j’admets bien sûr que beaucoup d’entre nous trient surement une partie de leurs déchets et utilisent le métro. Mais au fond, je pense maintenant que nous pouvons tous essayer de passer à la vitesse supérieure sans trop changer nos habitudes de façon perturbante. Moi non plus, je ne donne aucune leçon. Je suis ravie qu’un livre m’ait apporté tellement de réflexions sur un sujet auquel, je l’avoue, je n’accordais aucune importance.
En plus du travail d’investigation, Colin a également effectué un vrai travail journalistique d’argumentation de son propos. A l’appui de chiffres, il avance les thèses des différents acteurs et bien sûr, donne son avis.
Je vous conseille à tous ce livre révélateur, parlant sur les sociétés « occidentales », intéressant et très prenant.
Depuis que je l’ai lu j’utilise un mouchoir en tissu, j’ai acheté une gourde et j’essaye d’acheter local. J’essaye de faire un peu plus dès que possible sans tomber dans l’abus.
UNC est une fac assez respectueuse de l’environnement. Je pense qu’elle a beaucoup de choses à envier à Berkeley (Nico ?) mais elle est déjà vraiment pas mal. Dans chaque chambre de chaque dorm une poubelle de recyclage est mise à disposition des occupants, sur le campus nous avons également des poubelles de tri des déchets, la nourriture (du corner végétarien du moins) est locale, le campus est adapté aux vélos. Bon après, il a encore beaucoup de choses à changer mais c’est déjà ça.
Quand à mes changements d’habitudes, je me dis que beaucoup de gens qui changent un peu leurs habitudes auront surement plus d’impact qu’une seule personne qui modifie son existence du tout au tout.
Bon Labor Day à tous !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire