mercredi 22 février 2012

des photos et des hommes

Ces deux dernières semaines sont assez dures pour le monde du journalisme. 
Apres la mort la semaine dernière du talentueux correspondant américain spécialisé dans le Proche et Moyen Orient Anthony Shaddad, ce matin les médias français comme américains relayent la mort du photojournaliste de 28 ans Remi Ochlik et de la reporter de guerre américaine Marie Colvin. Ils sont morts tués par une roquette alors qu'ils documentaient le conflit a Homs en Syrie. 
C'est des nouvelles qu'ont reçoit toujours avec difficulté quand on étudie le journalisme ou qu'on s'y destine... 


Je pourrai mettre ces photos ici mais la qualité ne sera pas optimale, alors allez juste jeter un oeil sur le site de World Press, pour voir l'impressionnant reportage photos en Libye pour lequel Remi Ochlik a reçu le premier prix World Press. 


Ici : http://www.worldpressphoto.org/photo/2012remiochlikgns1-al?gallery=2634





Et la, le témoignage de Jean Pierre Perrin, reporter chez Libé. 

"On nous a dit que le régime syrien avait l'intention de tuer tous les journalistes".

Dur.

mercredi 15 février 2012

avorter en amérique

Ca faisait un petit moment que je pensais à cet article, que j'avais vraiment envie de parler d'une manière ou d'une autre des droits de la femmes aux Etats-Unis, particulièrement dans le Sud. 

L'un des débats que j'ai le plus suivi jusqu'à maintenant aux Etats-Unis a été celui concernant l'avortement. Je suis atterrée de voir que les pratiques que j'évoque dans cet article sont effectivement appliquées. J'ai essayé d'être la plus précise possible. Pour un article de fond, c'est assez court, mais sur un sujet pareil c'est extrêmement dur pour moi d'écrire beaucoup sans verser dans le pamphlet politique. Je ne suis pas restée neutre dans ces lignes, mais j'ai tout de même essayé de retranscrire les faits tels qu'ils sont, avec un maximum de justesse. J'attends vos retours. 


Bisou! 


De l'avortement en Amérique



La campagne pour la présidentielle américaine bat son plein et chacun sait, en toute rationalité, qu’elle sera décisive sur certains thèmes auxquels les électeurs américains sont particulièrement sensibles. Parmi ces thèmes là, l’avortement. L’avortement aux Etats-Unis a connu et connait toujours un tortueux chemin pour être reconnu et surtout appliqué comme un droit.

Le 22 janvier 2012, les Etats-Unis célébraient le 39eme anniversaire de l’arrêt de la cour suprême Roe versus Wade, rendant légal pour les femmes d’interrompre leur grossesse au cours du premier trimestre. Depuis, la légalité et la procédure d’avortement devrait en principe dépendre de la législation de l’Etat fédéral, sauf procédure législative particulière pour s’y soustraire, et devrait appliquer les closes décidées suite a Roe versus Wade. C’est rarement le cas.

Avorter aux Etats Unis, c’est possible?

Si l’avortement est largement accepté dans les Etats progressistes des Etats-Unis, le Sud et le Midwest restent des terres ou les droits des femmes et leur position dans la société laisse encore à désirer.

Apres l’Alabama, l’Arizona, la Floride, le Kansas, la Louisiane et le Mississippi, le Texas est devenu au début du mois de février le septième Etat américain à imposer aux femmes désirant avorter l’écoute du son produit par le cœur du fœtus avant de prendre une décision. Les partisans du mouvement pro-life justifient la plupart du temps ces mesures par leur croyance religieuse, et l’application du cinquième commandement de la Bible. Lorsque ces derniers n’évoquent pas la religion, ils proclament aider la femme, la libérer de la pression de la société et la guider vers le bon choix.

“Plus vite nous pourrons procurer des ultras sons aux femmes considérant l’avortement, plus le nombre de vies que nous pourront sauver sera important.”, a déclaré l’ancien candidat aux primaires et gouverneur du Texas Rick Perry.

Mais dans l’Etat républicain, la procédure d’avortement ne s’arrête pas là. Avant de l’opérer ou de lui administrer le moindre médicament, le praticien doit impérativement montrer et décrire en détails l’image obtenue par échographie à la patiente. Après l’image et le son, les femmes doivent prendre une période de 24 heures, en dehors de tout contact avec les équipes médicales, et revenir seulement après ces 24 heures pour subir l’avortement si elle le souhaite toujours.

L’ambition est claire : rendre l’avortement quasi impossible, très lourd psychologiquement en rendant les femmes coupables d’un geste qu’elles regretteront forcément, c’est évident.

Le Texas, après un long procès en défaveur de la loi, est le premier Etat à faire entrer dans sa législation ces trois dispositions réunies (ultrasons, image, description), mais ces innovations ont vite fait des adeptes.

State of North Carolina VS Planned Parenthood

Le 29 septembre 2011, Planned Parenthood (l’équivalent du Planning Familial), parmi de nombreuses autres associations protégeant les libertés et les droits des femmes, a décidé d’amener la loi sur la procédure d’avortement, fraichement voté à la Chambre de Caroline du Nord, devant les tribunaux.

Après l’Oklahoma, la Chambre des représentants de Caroline du Nord, majoritairement républicaine malgré une gouverneur démocrate, a voté une modification de la procédure d’avortement. La nouvelle loi ressemble de très près à la législation texane.

Là encore les arguments se suivent et se ressemblent. Paul Stamm, membre de la majorité n’a pas hésité à déclarer à un journaliste de la chaine local ABC 11 que “99% des femmes qui avortent sont mal informées quant aux nombreux dangers de la procédure”.

De l’autre côté, Planned Parenthood, qui pratique des avortements et prodigue des moyens contraceptifs, dénonce l’intrusion des politiciens dans la relation docteur-patient. En effet, l’organisation argumente que non seulement ces procédures limitent incroyablement la liberté des femmes, et les culpabilisent au plus haut point, mais elles dégradent également considérablement la relations que les patientes entretiennent avec leurs médecins, qui apparaissent dès lors comme les prêcheurs d’une idéologie à laquelle ils n’adhèrent pas forcément.

Tout comme en Oklahoma, la cour de Caroline du Nord n’a pas encore rendu de décision quand à l’application ou non de ces nouvelles procédures. En attendant le jugement, l’application de ces dispositions n’est pas encore requise lors de la procédure, pendant que certains Etats, comme la Virginie, se dirigent vers des législations similaires.

Et maintenant ?

Lors de sa campagne de 2008, Barack Obama avait milité pour son plan de sécurité sociale pour tous, surnommé ObamaCare. Alors que sa dernière année de mandat se consume rapidement, le président américain espère mettre en place certaines dernières mesures dans cette direction.

Concernant la contraception, le président Obama se prononce en faveur d’une contraception gratuite pour toutes. Un pas monumental pour donner aux femmes le choix.
Les institutions affiliées à des groupes religieux contre la contraception ont alors créé la polémique en annonçant qu’elles refuseraient tout simplement de payer les traitements destinés à leurs employées. Le président s’est donc rabattu sur un compromis : les assurances seront chargées de prendre en charge les frais de contraception pour les femmes employées par ces institutions (principalement des universités et hôpitaux).

Du côté des 4 candidats républicains encore en lice, tous se prononcent pour le renversement de l’arrêt Roe versus Wade, afin de faire en sorte que l’avortement puisse devenir une pratique entièrement illégale pour les Etats qui le souhaitent.
Ainsi, le Texas, l’Oklahoma, la Caroline du Nord et bientôt la Virginie n’auront plus à faire preuve d’une imagination débordante pour bannir l’avortement; la loi s’en chargera. 

mardi 14 février 2012

des bisous

La Saint Valentin c'est un sacré big deal ici. Je vais pas m'étendre, je veux juste montrer ici une mini et non-exhaustive sélection perso des baisers les plus cool du cinema. 


Bisou!


Casablanca, Michel Curtis


My Blueberry Nights, Wong Kar Wai

Spiderman, Sam Raimi

Ae Fond Kiss, Ken Loach

Eternal sunshine of the spotless mind, Michel Gondry

Harvey Milk, Gus Van Sant

Lost in Translation, Sofia Coppola

The Shining, Stanley Kubrik

Pierrot le Fou, Jean-Luc Godard

dimanche 12 février 2012

des larmes et de la sueur

On a perdu. 


Mercredi, on a joué le très attendu match de basket contre Duke, et on a perdu. Une défaite critique, à un point près. On menait de 10 points pendant toute la deuxième partie, mais on a perdu quand même. C'était triste. Je me suis sentie emballée, j'étais sûre qu'on allait gagner... 
Je suis pas censée avoir le droit de dire ça, mais le shoot de la victoire pour Duke était incroyable. 




Attention, c'est au tout tout début de la vidéo. Il restait genre une seconde, il a tiré, il a mis le panier à 3 points. Il, c'est Austin Rivers, un petit bébé freshmen, qui s'est pas démonté devant les grands juniors et seniors de UNC. 


Tout le monde était très triste et morose, et la haine de Duke n'était que plus intense. 


Cette semaine a aussi été un grand moment pour mon corps et mon esprit, puisque j'ai enfin mis les pieds dans un des 2 gyms du campus. 
Au début ça m'a fait méga peur, y'a que des machines à muscler partout, de la musique atroce utlra fort, mais comme j'étais là pour le cours de zumba, j'ai pas eu à endurer ça trop longtemps. A la place, j'ai eu droit à une grande pièce remplie de meufs (trois mecs quand même), et une instructrice ultra enthousiaste. Mi-chemin entre hip-hop et fitness classique, c'était assez cool au final, même si il faut être au degré zéro du "self-consciousness", ce qui fait vraiment du bien parfois. 


Cette semaine également, plusieurs remous à la tête de l'état, sur la contraception au sein du plan de santé Obama. La controverse portait sur le fait que les établissements religieux (type hopitaux religieux, cliniques etc.) n'acceptaient pas de cotiser pour payer à leur employé(e)s la contraception qu'ils/elles demandaient. Finalement, le président a décidé que les assurances auraient à payer pour ces services et non pas les institutions religieuses. Les employé(e)s recevront donc gratuitement leur contraception sans que les employeurs qui rechignent à le faire ne payent. 
Il y a toujours, aux Etats-Unis, un assez gros problème concernant la contraception de l'avortement, lié à des raisons la plupart du temps religieuses (sinon, démagogiques). Je prépare un petit article un peu plus fourni sur la question de l'avortement qui est encore un droit que les femmes doivent acquérir dans toute sa densité dans certains états du sud. 


Sinon, j'ai enfin réparé en entier mon vélo, ce qui fait que j'arrive toute fraîche en cours après 4 mois à ne pas comprendre pourquoi j'arrivais comme si j'avais couru un marathon, j'ai pris un cours de yoga (ultra cliché, je sais, mais c'était TROP bien, et c'est vachement plus dur qu'on pense), j'ai pris mes billets pour un maxi voyage en Californie avant de rentrer en France, et puis j'ai trouvé un petit taff aussi. Le bonheur quoi. 






mercredi 8 février 2012

bleeding tar heel blue

Ce soir on joue contre Duke! Enfin, quand je dis on, ce sont les talentueux basketteurs de UNC. 


UNC et Duke sont rivales depuis longtemps, puisque ce sont les deux meilleures equipes de basket universitaire du pays, et c'est un sacré big deal ici. Ce sont elles, entre autres, qui forment les futurs joueurs de NBA.


Les basketteurs sont des stars, ultra-doués, recrutés pour ca et adorés du public. 
Les places pour ce match étaient tres limitées et en vrai j'ai oublié de participer a la loterie pour avoir un ticket mais le match sera retransmis au cinema sur Franklin St (la rue de bar/restau au Nord du campus/unique lieu de sortie possible des étudiants flemmards (pour les autres y'a Carrboro)).


Bref, aujourd'hui, tout le monde arbore sa version du Carolina Blue (malheureusement un tres laid bleu pastel délavé), et proclame sa haine de Duke. 
Le spectacle va être dingo!



Je sais pas de quelle année date cette photo mais elle est quand meme tres chouette. 

NB: Tar Heel c'est le nom des étudiants a UNC (d'ou mon titre), genre c'est normal d'entendre "I'm a Tar Heel". C'est comme "sciences-piste", un peu. 

dimanche 5 février 2012

Dis Cortex, tu veux faire quoi cette nuit? La même chose que chaque nuit Minus, tenter de conquérir le monde!

Je vous écris aujourd'hui en direct du lavomatique, haut lieu de socialisation (ou pas). C'est marrant, ils ont eu l'idée de faire un immense panneau appelé "Dreams are real, all we have to do is believe", pour nous pousser à continuer l'action de MLK.  D'ailleurs, à Chapel Hill, il y a comme partout aux Etats-Unis, un quartier blanc et un quartier noir, et les deux sont séparés par Martin Luther King Road (ou Line, ou Ave, je sais pas). C'est assez ironique. 


Ce mois ci sur le campus, c'est le Black Month. En gros, on célèbre la félicité d'être noir et ces derniers passent le mois à affirmer leur culture, leur particularisme et les noirs qui ont réussi. Je trouve ça vraiment bizarre mais bon... 


Alors hier soir je suis allée voir Theophilus London en concert. Je pensais pas qu'il passerai un jour dans notre cambrouse, mais oui. 




J'avais repéré sa venue en décembre, et je me souviens m'être dit qu'il fallait que je me bouge parce qu'il allait être sold out en quelques semaines. Et bien en fait, il restait une centaine de tickets disponibles le jour du show. Je me souviens que quand il était venu à Paris, il avait fait une apparition dans une soirée privée ultra prestigious dans une boite hype du 2ème. J'abuse à peine. 


Bref, pour $12, je me suis dit, let's check him out, parce que j'ai jamais été une méga fan de sa musique. 


J'ai vraiment surkiffé ce show. En réalité, j'ai presque plus aimé le pre-band que London lui même. Ils s'appelaient Phony PLL.


Phony PLL c'est cette petite bande de bogoss dont je vous invite à écouter la musique au plus vite! Une énergie de ouf, on aurait dit juste une bande de kidos qui s'éclatait et faisait n'importe quoi sur scène. 




Cette vidéo est cool mais à peu près 5 fois moins cool que le live d'hier. Leur album s'appelle Phonyland, et il est vraiment vraiment bien stylé... Check it out!


Ensuite, London est arrivé sur scène, il était déjà tard, l'ambiance montait. Et il a mis le feu. C'était tellement puissant, ouf, tout le monde était ultra dedans, enfin bref, un kiff. Deux évènements notables à ce concert. D'abord, il a fait monté quelques meufs sur scène et j'ai bien kiffé danser un peu de dansenimportecomment sur scène avec London, ses musiciens et les gars de Phony PLL. 


Ensuite, et surtout, je crois que personne a trop compris (si ça se trouve c'est dans une de ses ziks, vraiment), il a passé le générique entier (que l'audio) de Minus et Cortex!!! Pour ceux qui ont pas eu d'enfance, Minus et Cortex c'est ça: 






Voilà, ceux qui me connaissent bien savent que je mattais Minus et Cortex en masse quand j'étais petite avec mon grand frère (ouais!), et si cette petite souris diabolique existait pas, ce blog aurait sans doute un nom beaucoup moins cool. 


Une bonne petite soirée, un moment d'éclate ouf dont j'avais carrément besoin... 


Bisou!


PS: je viens de découvrir qu'en anglais minus et cortex sont Pinky and the Brain. Beaucoup moins cool.