jeudi 5 janvier 2012

au fond de cette boite

J'ai écrit cet article pendant mon Winter break, au fur et à mesure de mes déplacements. 

Je suis partie, pour trois semaines plus ou moins, pour un voyage vers le Nord. Une semaine à New-York avec ma mère, géniale, qui ne m’a donné qu’envie d’y retourner pour une plus longue période, et juste pour flâner.

On a fait tous les trucs méga touristy mais les souvenirs que je garderai en particulier seront d’abord notre réveillon du 24 à Chinatown, à manger la plus délicieuse bouffe chinoise avant d’aller se faire faire les ongles en mode mère-fille. Ensuite, notre visite à l’ONU. Totalement cliché mais ça me rappelle le moment où j’étais allée à Paris pour quelques jours pour le concours de Sciences Po : j’en étais revenue avec des étoiles dans les yeux tellement je voulais vivre dans cette ville. Là, c’est pareil. Malgré tout le pragmatisme dont on peut (doit) faire preuve vis-à-vis de l’action de l’institution et malgré le recul qu’il faut prendre, la visiter et saisir la mesure de ce qu’elle représente, ça m’a foutu des étoiles dans les yeux pendant une journée.

Une journée et demie passée avec Tomas. Retrouvailles géniales comme toujours même si au final, on se sera vus chaque mois de ce premier semestre. Comme d’habitude, on n’a rien fait d’autre que déambuler dans les rues et essayer de s’imprégner de l’atmosphère de cette ville extraordinaire.

Après quelques 10h de bus et un nouveau tampon sur mon passeport, je suis à Toronto, chez Adrien. Deux petites journées ultra-chill et reposantes dans une ville que j’ai eu le temps d’apercevoir. Toronto a l’air d’être tout à la fois : il y a pleins de petites maisons trop chou comme de très grands buildings, des quartiers ultra hipsters qui côtoient Korea Town. Je me souviendrai juste que c’est une ville pleine de hippies, et ça me plait.

Du bus, encore, et me voilà à Montréal pour une semaine où j’ai retrouvé plein de potes de Sciences Po. Tellement bon de voir des têtes connues, et surtout qui nous connaissent. C’est un séjour très posé, où on s’est tous retrouvés pour passer le cap du Nouvel An ensemble. Montréal ne se démarque pas vraiment par sa beauté, par contre, c’est une ville calme, ça change.

Ce qui m’a frappé au Canada, ce sont les gens. Ils ne sont pas chaleureux comme les gens du Sud, du moins pas autant, mais ils sont doux, un peu lents, et assez sympas. Ils ont l’air d’être ultra easy sur tout et de se laisser vivre, de jamais se prendre la tête. Et ils ont un accent très drôle.

Le froid était polaire, j’ai un peu hâte de retrouver ma Caroline. Plus que de faire du tourisme, cette semaine est vraiment un instant retrouvailles et ça me confirme ce que je pensais déjà : on apprend à bien connaitre ses amis lorsqu’on les retrouve dans un contexte totalement différent de notre quotidien à tous. Je garderai un souvenir joyeux et un peu cinglé de ces quelques jours ensemble.

Le dernier jour, hier, je suis allée voir une expo géniale : Big Bang au Musée des Beaux Arts de Montréal. C’était un collectif d’artiste dans lequel chacun choisissait une œuvre et la réinterprétait à sa manière. C’est très bon et gratuit, alors si vous êtes dans le coin, foncez. Deux de mes préférées.

Une grande salle aux murs recouverts de street art. Le collectif est Montréalais, il s'appelle En Masse. Les dessins sont très beaux, il y a très peu d'écriture, rien qu'un entremêlement de signes en noir et blanc. Au sol, des poufs et tabourets pour se poser et s'imprégner de la pièce. 

Très belle installation de Jean Derome : une vingtaine de tableaux est suspendue sur trois murs. Une ligne de spots lumineux est fixée au plafond. De la musique douce se dégage de la pièce. En fonction des sonorités, la lumière illumine les toiles unes à unes, ou en même temps, ou aucune. J'ai vraiment bien aimé l'alliance du son et de l'image. 

Enfin, du bus, à nouveau, pour rejoindre New York où je prends mon dernier vol pour rentrer. J’avais quelques heures de battement alors j’en ai profité pour me rendre au Centre International de la Photographie. Il y avait trois expos : une sur le photodocumentariste danois Peter Sekaer, une sur la commémoration des 10 ans du 11 septembre et la dernière sur les photos de mode du magazine Harper’s Bazaar. Malgré les très beaux clichés, j’ai préféré les photos de mode, et voilà mes deux préférées.

Kate Winslet photographiée par Peter Lindbergh. Cette photo est incroyable car elle se suffit à elle même. Elle n'a besoin d'aucun titre, d'aucune légende, d'aucun commentaire. Le Harper l'avait compris puisqu'à sa parution en une du magazine, aucun texte n'accompagnait l'image. Aucun texte car aucun besoin de texte, tellement cette image parle d'elle-même. Et elle est sublime. 

Marc Jacobs entouré de ceux qui l'inspire, par William Klein. Cette photo n'a rien de dingue niveau technique ou imagination mais j'aime juste vraiment beaucoup la composition, les couleurs. 

Et là, je suis dans l’avion en direction de Raleigh, ça y est, je rentre de mon winter break, qui a été intense et génial. Je suis dans l’avion, je survole la belle New York, j’ai le soleil dans les yeux, et très honnêtement je me dis juste, putain qu’est-ce que la vie est belle ces temps-ci.

Voilà pour mon récit pas à pas !

Sinon, je vous souhaite à tous une très bonne année 2012. Merci de suivre Minus en Amérique, c’est un kiffe total pour moi d’écrire tout ça et de vous raconter ma vie. Je ne prends pas de résolutions pour moi mais pour Minus : pour le deuxième semestre, j’essayerai de publier moins de gros pâtés d’écriture, mais des articles moins longs, plus anecdotiques, et plus de photos ! Je pensais aussi faire une rubrique « inspirations de la semaine » avec les nombreuses images que j’enregistre sur mon ordi quotidiennement mais qui n’en sortent jamais…

Bisou !

dimanche 18 décembre 2011

I'm thumbin' my way into North Caroline

Un petit tour rapide par mon blog juste pour vous dire que demain je pars en vacances et que je ne posterai surement pas pendant 3 semaines. 


Mes partiels se sont tous très bien passés, j'ai rendu mon bel appareil photo à la fac et j'ai fait mon sac. Christina la suédoise a emménagé avec moi avant-hier, dans la chambre vacante qu'il y avait dans mon appartement. 


Cette dernière semaine a eu un gout amer : seulement 4 des 10 internationaux qui forment notre "groupe" restent pour le second semestre. Bien sur, ce sera encore plus d'opportunités de voyager dans le monde entier pour leur rendre visite!


Demain, direction New-York pour une semaine, avant le grand Nord avec une visite express à Toronto et une semaine à Montréal. 


J'avais dans l'idée de faire un petit best-of photos mais je n'ai pas pu accéder à mes photos à moi, elles sont sur la part "MAC" de mon disque dur, que j'utilise sur les Mac de l'école... 
Du coup, je balance des photos de ma tête, résumé limité de mon merveilleux premier semestre. 


Bisou!


Après une douzaine d'heure de voyage en tout, je suis arrivée à l'aéroport de Raleigh-Durham un 17 août de chaleur intense. 
On y était enfin, à cette 3A si attendue, et malgré la fatigue, j'étais ravie d'arriver dans ce Sud des Etats-Unis que j'ai appris à aimer. 

Premier voyage. Pour Labour Day, direction Washington DC. 5 ridicules heures de bus qui ne présageaient pas les très nombreuses heures que j'ai passé dans des bus depuis. 
Premier voyage avec toute la bande aussi, et premiers liens d'amitié. 
Washington a été une ville que je n'ai pas beaucoup aimée. Froide et distante, elle était un peu l'image de tout ce que l'on peut détester dans les Etats-Unis. 
Cela dit, c'est tellement proche et pas cher d'y aller, que je lui donnerai surement une seconde chance au second semestre.

Shakori Hills Music Festival. Sans hésiter un de mes meilleurs week-end de ce semestre. La combinaison était assez simple : du grand soleil, des gens chaleureux, des mômes à dreadlocks partout, de la très bonne musique, de la très bonne nourriture, du camping et un bon groupe de potes. 
J'irai sans faute à la version printemps du festival qui parait-il est encore meilleure.

Le week-end dans le chalet dans les montagnes de Caroline. J'ai juste réalisé à ce moment là à quel point j'étais contente d'avoir choisi Chapel Hill comme destination. Tout est tellement différent de tout ce que j'ai vécu avant et que tous les endroits que j'ai habités. Les paysages sont sublimes et on a eu droit aux premières neiges fin octobre! 

Décidément une des meilleures journées de mon semestre, voir la meilleure. 15 octobre 2011, arrivée à 8h du matin à New York pour filmer la manifestation des indignés de Wall-Street. Un souvenir inoubliable, des moments d'amitié et d'unité que je n'aurai jamais soupçonnés aux Etats-Unis, et surtout, mon tout premier projet perso de reportage. 
J'en ai appris plus sur le journalisme et la technique en une journée, que dans certains cours en un semestre. 

16 octobre. Lessivées, Christina, Alice et moi avons décidé de passer la journée du lendemain à ne rien faire d'autre que se balader dans New-York. Première visite à New-York pour moi et je n'ai qu'une hâte c'est d'y retourner. Ce week-end a assouvi mes envies urbaines pour longtemps. 
Ce mélange de travail et de détente a fait de ce week-end le souvenir le plus vif de mon semestre. Et il ne me donne envie que de continuer à faire du journalisme. 

Week-end dans la famille de notre ami américain Ethan, au bord de l'océan, en Caroline. De longues heures de voitures à travers des villes minuscules, à travers les champs de coton, beaucoup de rencontres. Mon premier tir à la carabine (et sans doute dernier)... 
Encore des précisions sur les Etats-Unis se sont faites pendant ce week-end là. Les armes à feux, l'église, la communauté. Beaucoup de notions inconnues en Europe. 

Encore un autre de mes meilleurs souvenirs : la baignade dans l'Atlantique un 6 novembre, pour mon anniversaire. 

Dernier souvenir mémorable en date : la visite de la Nouvelle-Orléans avec Tomas pour Thanksgiving. Ville qui m'a marquée comme la moins américaine des villes américaines. 
Je pensais à la Nouvelle-Orléans comme une des seules villes américaines que j'ai visité pour l'instant dans laquelle je me verrai très bien vivre sur du long terme...

Bonnes vacances à tous!

mardi 13 décembre 2011

homo feminismus

Deux filles (manifestement des premières années) discutant à l'instant en attendant le bus. Monologue de l'une d'elles :

"Haaan I have so much to do with work... (winning and giggling at the same time). Really, can I quit college and just be a trophee wife NOW instead of four years from now?

"I did a schedule for the break... I decided to exercice a little bit my housewife skills. You know, a little bit of cooking, a little bit of sewing, a little bit of cleaning..."


Voilà, je ne mentais pas.

Comme dans beaucoup de pays où les droits de la femme sont ridiculement piétinés, les premières à entretenir cet état de fait sont les femmes elles-mêmes. Je l'avais constaté pendant mes voyages en Algérie, mais c'est très, très répandu en fait. Même aux Etats-Unis. AFFLIGEANT. AFFLIGEANT. Et je pèse mes mots.

Voilà, et pour ceux que la situation des pays arabes et de leur culture par rapport à la femme intéresse, un très pertinent point de vue développé par une femme libanaise. http://blogs.mediapart.fr/blog/emma-talon/060411/le-syndrome-de-lhypocrisie-sexuelle-arabe-12






AFFLIGEANT.

mardi 29 novembre 2011

Laissez le bon temps roulez

La dernière ligne droite, déjà. 
Dans deux semaines, le premier semestre sera terminé, clos. Avec lui, s'en iront Alice, Nick, Simon, Kristina, Laure, Ana qui ne restaient que pour quelques mois. 

Mais en attendant, les réjouissances se poursuivent. 
J'ai passé ma première nuit d'angoisse totale à la bibliothèque, enfermée entre quatre murs à écrire, enregistrer et monter mon projet final en une seule nuit. Je n'avais pas pu le bosser pendant Thanksgiving parce que j'étais beaucoup trop occupée à kiffer à fond la ville géniale qu'est la Nouvelle-Orléans.

En m'y baladant, je me suis plusieurs fois fait la réflexion que cette ville serait typiquement le genre de ville américaine dans laquelle je pourrai vivre à long terme. 


Carrboro est trop petite, Washington trop morte, New York un peu trop cinglée, Boston beaucoup trop propre... 
Bon, c'est vrai, je n'ai pas encore vu tant de villes américaines que ça. Mais déjà, NOLA la mignonne remporte tous les suffrages. 



Je suis arrivée mercredi en fin de journée, et j'ai retrouvé Tomas à l'aéroport Louis Armstrong. Pierre, chez qui on allait loger pendant ce séjour, est venu nous chercher. 
Sa maison était un peu excentrée du centre-ville, le French Quarter, mais c'était tout de même largement desservi. On adore le bus, en plus. 

La Nouvelle-Orléans est une ville à l'image des Etats-Unis eux-mêmes. 


Incroyablement multi-culturelle, bercée par l'influence coloniale française, espagnole, créole...  On dit beaucoup que la Nouvelle-Orléans est une ville dangereuse depuis l'ouragan Katrina. Je n'ai pas vraiment ressenti de tension quand j'y étais mais je ne me suis aventurée dans les quartiers un peu moins mainstream que pour un court laps de temps en plein après-midi. 
Et puis je crois dur comme fer depuis toujours que ton comportement avec les gens va induire le comportement des gens avec toi. 


C'est surement faux dans la plupart des cas, mais ici, ça a très souvent fait ses preuves. 

L'ouragan Katrina, tout le monde en parle. Même si c'était il y a déjà 7 ans, tout le monde en parle ici. Dès qu'on cause un peu à quelqu'un dans le bus ou dans la rue, l'ouragan ne tarde pas à arriver dans la conversation. 

Certains ont tout perdu mais le vivent relativement bien, en se disant que c'est un nouveau départ, pour une nouvelle vie. 

D'autres ne veulent pas tout à fait tourner entièrement la page et travaillent encore sur leur maison dévastée. 
On a l'impression que personne ne le vit comme une fatalité. 

L'ouragan est passé, mais la vie continue.

On est allés faire un tour dans le quartier qui a été le plus atteint par les inondations. Evidemment, il était désespérément pauvre, très majoritairement peuplé de noirs et complètement délabré. Abandonné des hommes et du monde. 

La Nouvelle-Orléans est typique d'une ville du Sud. Les gens. Chaleureux, ouverts, serviables. Comme ce père et son fils qui nous ont pris en voiture, voyant qu'on attendait le bus dans le froid... Ou cette meuf semi-bourrée (à 3h de l'aprem) qui a proposé à deux coréens paumés de les héberger chez elle pour la nuit... 
Si la Nouvelle-Orléans était en Europe, ce serait définitivement une ville méditerranéenne, du Sud de l'Italie ou même du Maghreb. 

Mais le plus important à la Nouvelle-Orléans, au fond, ce n'est ni l'ouragan, ni la bouffe créole, ni les gens. C'est la musique! 
On m'avait dit qu'il y avait de la musique partout, tout le temps. J'avais pas du tout imaginé ça. C'est vrai, il y a de la musique absolument partout, absolument tout le temps. 
Au resto, les musiciens jouent en live, dans les supérettes, le jazz passe à la radio, et les bars... aaah les bars. On dirait des endroits d'un autre temps, coincés dans les années 1950 où on en savait beaucoup moins sur tout et où s'en foutait aussi. La plupart sont minuscules mais pleins à craquer. Le mec à l'entrée ressemble à Hemingway s'en fout de ton âge, de toute façon il est ivre lui-même. A l'intérieur, tu entends parler à peu près toutes les langues, ou plutôt tu les devines parce que le groupe de jazz qui est là met le feu à l'étroite scène où ils tiennent difficilement à 5 avec leurs instruments. 
Tu peux fumer à l'intérieur, tu trouves ton spot pour danser, tout le monde te parle... les gens te prennent dans leurs bras, les vieux tiennent à peine debout, personne n'y pense et tout le monde s'en fout. Toi-même, tu oublies complètement que t'es aux Etats-Unis, dans ce pays qui peut être si rigide et triste parfois. 

Je garderai particulièrement en mémoire le bar pas terrible en soi mais où une dizaine de jeunots, surement mon âge ou moins, jouaient tous ensemble du jazz traditionnel avec énergie et niaque, blancs et noirs, ensemble. Bon j'avoue je suis semi-tombée amoureuse du magnifique tromboniste re-noi qui a fait un call spécial "to the people coming right from Paris". 

La Nouvelle-Orléans se démarque vraiment du reste des Etats-Unis, en tous points, et en même temps elle est incroyablement à l'image de ce pays un peu tordu mais vraiment attachant. 

Sans transition, ni rapport, voilà trois petits liens de vidéos méga coolos, voyez les, elle sont vraiment bien! (Je n'arrive pas à mettre des vidéos viméo sur Blogspot...) 

EAT                 http://vimeo.com/27243869

MOVE             http://vimeo.com/27246366

LEARN           http://vimeo.com/27244727

samedi 19 novembre 2011

Is this what democracy looks like?

Mon dernier article remonte a presque deux semaines maintenant. C’est pas tellement dû au fait que je suis absolument débordée, mais plus que la vie suis un cours plutôt calme et tranquille.

Je suis toujours très occupée mais je n’ai pas bougé de Chapel Hill depuis deux semaines, ce qui ne m’a pas empêchée de faire des trucs très coolos tout en restant dans le coin. Comme voir en concert Pee Wee Ellis, ancien membre du groupe de James Brown qui a littéralement mis le feu funk dans la salle d’opéra ou il jouait.

J’ai aussi vu les hipsters australiens d’Architecture in Helsinki, et même si le show était mémorable et excellent, ils transpiraient la fraichitude et l’arrogance.

J’ai aussi vu une pièce de théâtre magnifique et intelligente sur les révoltes dans les bus réservés aux blancs ou aux noirs dans les années 50. Ça m’a beaucoup fait me questionner sur la question des communautés ici, mais je ne sais pas si j’arriverai à l’aborder avec tout le recul et l’intelligence qu’elle mérite.

Je m’aperçois simplement en vivant ici que si la ségrégation n’est plus dans les lois, elle reste indéniablement dans les faits. Les couples mixtes sont rares, très rares, les noirs, blancs, asiatiques, arabes et juifs ne se mélangent pas, et ils ont tous l’air de trouver ça normal. Ils l’expliquent d’ailleurs sans problèmes : on n’a pas la même culture, les mêmes références, la même origine. On ne s’intéresse juste pas aux mêmes choses. Mais ça ne veut pas dire qu’on est racistes, on est juste indifférents. Ce qui est peut-être pire.

Je ne savais pas trop si j’allais la poster ici, mais finalement pourquoi pas. J’ai enfin pris le temps de monter les images que j’ai rapporté de New York. En réalité, ça ne m’a pris que deux jours, c’est très loin d’être parfait, je vais encore faire pleins d’autres versions, mais ça a définitivement été la meilleure façon d’apprendre le montage un peu plus en profondeur. Genre en supprimant la moitié de la vidéo mais pas de l’audio, en foirant les couleurs si bien que certains passages étaient littéralement violets. J’ai déjà eu quelques feedbacks de mon pote en dernière année de ciné, et j’ai plus ou moins une vague idée de ce à quoi va ressembler ma prochaine version. Et je pense en faire une en français aussi. Ceci dit, j’attends encore pleins de retours, si vous avez des critiques ou idées, je veux les entendre !



Mercredi, c’est Thanksgiving, et je vais à la Nouvelle-Orléans pour 5 jours.

Happy Thanksgiving !

NB : je viens de m’apercevoir à quel point la qualité est merdique sur Blogspot. Je vais la mettre sur You tube pour de meilleures images. En réalité la qualité est HD donc vraiment chouettos. Stay tuned !

dimanche 6 novembre 2011

big girl

Je rentre d’un week-end palpitant, encore un, qui encore une fois m’a semblé duré bien plus longtemps que deux journées.

La semaine dernière n’avait rien de particulier, ma baisse de motivation s’est encore plus faite sentir jusqu’à ce que je passe littéralement 4h dans mon lit jeudi aprem, à mater des séries débiles, et ne rien faire, pour repartir totalement reposée et fraîche le lendemain matin.

Vendredi aprem donc, on est partis pour Trenton.
Mon pote américain Ethan nous a invité chez lui, nous = 10 internationaux, pour le week-end.

Trenton c’est une minuscule ville près du bord de mer où le besoin de voiture se fait encore plus sentir que nulle part ailleurs.
On était logés dans la maison de l’oncle et la tante d’Ethan, décédés il y a quelques mois. Ses parents avaient décidés de faire une grande fête dans cette maison, pour nous.

Son oncle était philosophe, écrivain, artiste.

Il y avait une collection incroyable de livres d'époque dans une des petites pièces du sous-sol, où on a passé beaucoup de temps vendredi soir à s’imprégner de ces livres pleins d’histoire.

Il y avait une édition de Meine Kampf. J’étais dans un état d’esprit étrange, et réellement totalement chamboulée en en lisant certaines parties. C’est très déstabilisant.

Vendredi donc, on est arrivés tard, tout le monde était un peu crevés alors on n’a rien fait de spécial.

Le lendemain, on est allés visités le grand père d’Ethan et faire un coucou au repas du soir : un énorme porc au barbecue. Un porc tout entier, au barbecue. Il a cuit pendant environ 5h avant que diner se fasse, vers 17h. J’ai eu droit à du chili végétarien et des crackers.

Pendant la cuisson, j’ai tiré à la carabine. C’était vraiment étrange parce que c’est un truc qui nous parait tellement irréel à nous.

Genre, le père d’Ethan est totalement démocrate et ouvert etc., mais sa famille possède quand même 8 flingues et la pratique se transmet de génération en génération. Genre le petit frère de 15 ans trouve ça trop saucé de pouvoir jouer avec des fire gun. Genre, pour son 8ème anniversaire, il a eu un fusil de chasse.

Je crois que tirer ça m’a un peu fait comprendre, quand même. Honnêtement, c’est une telle montée d’adrénaline et t’as tellement envie de toucher ta cible que je peux comprendre qu’on se prend au jeu.
Et puis… c’est le deuxième amendement, et ils y ont très attachés.

J’ai l’impression de mieux comprendre certaines choses en les expérimentant de l’intérieur.
Je trouve toujours ça un peu dingo de pouvoir posséder une arme avant d’avoir le droit de toucher à une goutte d’alcool ou avant d’avoir le droit de vote.

Ce week-end, c’était aussi mon anniversaire. Oui, j’ai ENFIN 21 ans, ce qui veut dire que je vais enfin pouvoir entrer dans n’importe quel bar où je veux aller sans me demander si me vais me faire tej ou pas.
Après une soirée d’anniversaire pour le moins mémorable, on a mangé des gaufres ce matin et on est allés se jeter dans l’atlantique.
Bonheur de nager dans l’océan un 6 novembre, il faisait un peu frisquet mais c’était tellement tellement coolos.

Journée atypique, après l’océan, on s’est incrustés dans une Eglise pendant la messe. Beaucoup de chants, beaucoup de cheers et de partage. Ca aussi, ça m’a aidée à comprendre beaucoup de choses.

Que la religion aux Etats-Unis est très présente mais ça c’est pas une nouvelle, mais surtout que pour beaucoup c’est un des seuls liens social, moment de récréation et de divertissement. Ils chantaient tous à l’unisson, certains jouaient des instruments, souriaient. C’était chaleureux. CHA-LEU-REUX. 

Il a fallu que je vive aux Etats-Unis pour comprendre que ça existe encore, les gens chaleureux.

On s’est baladés, on a rencontré un couple de vieux chez qui on a passé un petit moment et on a simplement roulé à travers la Caroline, et c’était tellement bien.

J’oublierai jamais mes 21 ans.

Merci à tous pour vos gentils messages, e-mails et posts. Même si je n’ai pas vraiment donné de nouvelles autres que par ce blog, je pense à vous, fort !

Et je vais arrêter de promettre des photos, parce que manifestement, elles ne viendront pas de si tôt. Ou plus vraisemblablement sur Facebook, so stay tuned.

Love !

mardi 1 novembre 2011

Marie ou Maryline



Non je ne vous ai pas oubliés mes mignons, j’ai beaucoup de choses à raconter même si ma vie a été moins palpitante la semaine qui vient de s’écouler.

J’ai été rattrapée par une flemmite très très aigue. Apres un mois d’octobre survolté, où je n’avais pas une seule seconde pour moi et où je passais mes journées a courir d’un bout a l’autre du campus, j’ai eu une semaine plutôt light, niveau boulot et sorties.
Grave erreur.
J’ai perdu la pression qui m’empêchait de penser à la fatigue et depuis, je ne rêve QUE de mon lit dans lequel je voudrais passer le reste de ma vie.

Alors aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un truc un peu plus général et moins « je raconte ma vie », le MACHISME typiquement américain.

Peut-être et même surement, ce machisme est-il plus ressenti dans le Sud des Etats-Unis.

Vendredi soir, je ne sais pas trop comment, on s’est retrouve dans un espèce de club/boite pour asiatiques. Oui, ici les communautés sont tellement prononcées que même les endroits pour sortir sont stigmatisés et stigmatisants.
Deux danois, deux allemands, une suédoise et une française dans une marée d’yeux bridés.
Que les choses soient claires, même malgré ma récente et angoissante expérience des bus Chinatown, je n’ai rien contre les asiates.
On pourrait imaginer que conformément aux clichés, ils pratiquent une drague discrète et un peu coincée… NON monsieur !

Je n’ai jamais vu un putain de grinding aussi intensif et malsain.

C’était également la soirée d’Halloween donc l’objectif des meufs était de gagner le concours de la jupe la plus raslafouf qui soit. La compétition était très très intense.

Et c’est la que tout m’a frappée.
J’avais déjà, bien sur, constaté que le statut de la femme en Caroline différait sans subtilités du statut de la femme a Paris, du moins celui que j’éprouve au quotidien. 




Dans ce club, je me dandinais avec énergie comme j’aime le faire, faisant semblant de maitriser des mouvements oufs de hip hop sur le bout des semelles, quand un ignoble male asiate m’approche, me regarde avec des yeux en demande, se met en position et attend. J’ai pas compris. En fait, c’était juste la manière de ce gros con de me dire « vazi meuf, danse avec moi, je commande un grinding en bonne et due forme et ca a intérêt a être bon »
J’aurai bien répondu un bon gros FUCK OFF mais j’étais bien trop sur le cul pour penser a quoi que ce soit.

Et la, ca m’a frappée, encore.

J’ai regardé autour de moi, et toutes ces petites chicks asiats en micro robe lycra importée du Bangladesh remuaient leur fessier de façon beaucoup trop ostentatoire et gratuite contre l’entrejambe de grands crétins, adossés contre le mur, attendant que besogne se fasse. 

De façon plus générale, les hommes de Caroline semblent classifier les femmes dans deux catégories imperméables et fondamentalement opposées : la sainte et la putain. Prude or slut, choisis ton camp.


La sainte, c’est l’image de leur mère, nourricière, qui reste a la maison et joue a la housewife dans la joie et le jardinage, a qui on emmène sa lessive pendant les vacances (sérieusement vu un mec avec un énorme sac de fringues sales dans le bus pour l’aéroport). Je gerbe.


La putain, c’est cette meuf qu’ils respectent pas pour un sou, qui est tellement conne que tu peux lui demander un grinding et elle dira oui, avec qui t’as pas vraiment envie d’être vu mais qui est un bon plan cul, un individu comme un morceau de chair, sans sentiments ni émotions. Je gerbe aussi.

Très inconsciemment, mais parfois aussi très consciemment, les hommes de Caroline te foutent dans une case rigide qui ne correspond absolument pas à toutes les subtilités et nuances de la personnalité de chaque individu du monde entier.

Même certains potes américains sont tellement ancrés dans ces clichés qu’ils veulent toujours t’emmener partout, ne pas te laisser prendre le bus, tout organiser pour toi, sans penser que MEC, peut-être que moi j’ai anticipé 50 000 fois les situations que tu me dis d’éviter.

C’est tellement ancre dans leur identité sociale que l’homme prend les décisions, organise la vie du foyer et prend soin de sa jolie petite femme pendant qu’elle même fait la cuisine et passe l’aspirateur.
L’épanouissement ici pour les femmes passe par la famille et le couple, pour les hommes c’est le travail et la carrière.
Insupportable.

Pour finir, je ne citerai que les émissions de cuisine a la télé, intitulées « Mom’s cooking » ou cette autre dont la pub montre une femme disant : « As moms, we spend a lot of time in the kitchen ». Voilà.

Promis, des images très vite.