mardi 1 novembre 2011

Marie ou Maryline



Non je ne vous ai pas oubliés mes mignons, j’ai beaucoup de choses à raconter même si ma vie a été moins palpitante la semaine qui vient de s’écouler.

J’ai été rattrapée par une flemmite très très aigue. Apres un mois d’octobre survolté, où je n’avais pas une seule seconde pour moi et où je passais mes journées a courir d’un bout a l’autre du campus, j’ai eu une semaine plutôt light, niveau boulot et sorties.
Grave erreur.
J’ai perdu la pression qui m’empêchait de penser à la fatigue et depuis, je ne rêve QUE de mon lit dans lequel je voudrais passer le reste de ma vie.

Alors aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un truc un peu plus général et moins « je raconte ma vie », le MACHISME typiquement américain.

Peut-être et même surement, ce machisme est-il plus ressenti dans le Sud des Etats-Unis.

Vendredi soir, je ne sais pas trop comment, on s’est retrouve dans un espèce de club/boite pour asiatiques. Oui, ici les communautés sont tellement prononcées que même les endroits pour sortir sont stigmatisés et stigmatisants.
Deux danois, deux allemands, une suédoise et une française dans une marée d’yeux bridés.
Que les choses soient claires, même malgré ma récente et angoissante expérience des bus Chinatown, je n’ai rien contre les asiates.
On pourrait imaginer que conformément aux clichés, ils pratiquent une drague discrète et un peu coincée… NON monsieur !

Je n’ai jamais vu un putain de grinding aussi intensif et malsain.

C’était également la soirée d’Halloween donc l’objectif des meufs était de gagner le concours de la jupe la plus raslafouf qui soit. La compétition était très très intense.

Et c’est la que tout m’a frappée.
J’avais déjà, bien sur, constaté que le statut de la femme en Caroline différait sans subtilités du statut de la femme a Paris, du moins celui que j’éprouve au quotidien. 




Dans ce club, je me dandinais avec énergie comme j’aime le faire, faisant semblant de maitriser des mouvements oufs de hip hop sur le bout des semelles, quand un ignoble male asiate m’approche, me regarde avec des yeux en demande, se met en position et attend. J’ai pas compris. En fait, c’était juste la manière de ce gros con de me dire « vazi meuf, danse avec moi, je commande un grinding en bonne et due forme et ca a intérêt a être bon »
J’aurai bien répondu un bon gros FUCK OFF mais j’étais bien trop sur le cul pour penser a quoi que ce soit.

Et la, ca m’a frappée, encore.

J’ai regardé autour de moi, et toutes ces petites chicks asiats en micro robe lycra importée du Bangladesh remuaient leur fessier de façon beaucoup trop ostentatoire et gratuite contre l’entrejambe de grands crétins, adossés contre le mur, attendant que besogne se fasse. 

De façon plus générale, les hommes de Caroline semblent classifier les femmes dans deux catégories imperméables et fondamentalement opposées : la sainte et la putain. Prude or slut, choisis ton camp.


La sainte, c’est l’image de leur mère, nourricière, qui reste a la maison et joue a la housewife dans la joie et le jardinage, a qui on emmène sa lessive pendant les vacances (sérieusement vu un mec avec un énorme sac de fringues sales dans le bus pour l’aéroport). Je gerbe.


La putain, c’est cette meuf qu’ils respectent pas pour un sou, qui est tellement conne que tu peux lui demander un grinding et elle dira oui, avec qui t’as pas vraiment envie d’être vu mais qui est un bon plan cul, un individu comme un morceau de chair, sans sentiments ni émotions. Je gerbe aussi.

Très inconsciemment, mais parfois aussi très consciemment, les hommes de Caroline te foutent dans une case rigide qui ne correspond absolument pas à toutes les subtilités et nuances de la personnalité de chaque individu du monde entier.

Même certains potes américains sont tellement ancrés dans ces clichés qu’ils veulent toujours t’emmener partout, ne pas te laisser prendre le bus, tout organiser pour toi, sans penser que MEC, peut-être que moi j’ai anticipé 50 000 fois les situations que tu me dis d’éviter.

C’est tellement ancre dans leur identité sociale que l’homme prend les décisions, organise la vie du foyer et prend soin de sa jolie petite femme pendant qu’elle même fait la cuisine et passe l’aspirateur.
L’épanouissement ici pour les femmes passe par la famille et le couple, pour les hommes c’est le travail et la carrière.
Insupportable.

Pour finir, je ne citerai que les émissions de cuisine a la télé, intitulées « Mom’s cooking » ou cette autre dont la pub montre une femme disant : « As moms, we spend a lot of time in the kitchen ». Voilà.

Promis, des images très vite. 

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